Mademoiselle Molière

De qui ?
de Gérard Savoisien.




De quoi ça parle ?
Madeleine et Jean-Baptiste vivent leur idylle depuis près de 20 ans, à la scène comme à la vie en dirigeant leur troupe de théâtre, de tournées en province jusqu'à la cour du Roi. Alors que le succès frappe à la porte, que la jolie comédienne prend de l'âge et que la lassitude s'installe, son compagnon lui révèle qu'il est épris d'une autre. Bien sûr, cela change tout quand on s'appelle Molière, et la rivale Armande Béjart.

Et alors ?


J'avais beaucoup entendu parler de cette pièce, succès de la saison, et que j'avais manqué au Lucernaire.

Anne Bouvier interprète la Béjart, donnant la réplique à Christophe de Mareuil, Molière. Tout repose sur ce duo percutant, leur alchimie, la bulle de leur couple qui va peu à peu voler en éclat sous les yeux du spectateur.

La palette d'émotions qui jaillit de la scène m'atteint : on palpe l'incompréhension, la colère, le gouffre de tristesse dans lequel plonge Madeleine. Le tourment, le doute, l'égoïsme de Jean-Baptiste. Armande, quant à elle, est le troisième personnage, invisible, présentée uniquement en mots, et représentée par la silhouette d'un mannequin sur le côté du proscenium.
Le jeu, plus que le texte ou la mise en scène, nous touche, et tant de questions sont soulevées...

Les comédiens n'y répondront pas, laissant le public s'interroger longuement après la fin du spectacle.

L'inconstance de l'amour en est moins la thématique, que l'amertume d'une femme, qui a tout donné pour croire en son homme, le pousser, le bâtir, pour finir par le perdre face à sa plume, sa gloire et sa rivale, en la personne de sa propre fille.

La pièce lui rend grâce et justice, car sans Béjart, éventuellement, comment appellerions-nous la langue de Molière ?


Pour qui ?
- Les fans de fiction historique.
- Les amateurs de drame amoureux.

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