Oliver Twist, le musical

De qui ?
Ladislas Chollat. D'après Dickens.




                                                                                                                                                      

De quoi ça parle ?
Le jeune Oliver, après des années de famine et de mauvais traitements au sein d'un sinistre orphelinat, décide de tenter sa chance et de fuir : son rêve ? retrouver sa famille...


Et alors ?
Le tout Paris me répétait depuis septembre que je "devais voir Oliver". Un avis justifié... Dès l'entrée en salle, une atmosphère feutrée, bleutée, plane.
C'est jusque dans le moindre détail que ce spectacle a été pensé et travaillé : sur scène, les musiciens sont en direct (ce qui est toujours un sérieux bonus) et la distribution est impeccable : on en retiendra tout particulièrement le timbre si particulier de David Alexis, la justesse de Prisca Demarez, et mon coup de coeur, le jeune Nicolas Motet aux multiples talents.

Les chansons ? Agréables. Le décor ? Ingénieux.
Les costumes et effets apportent ce qu'il faut de magie au spectacle. Les chorégraphies n'ont rien à envier aux musicals londoniens, rendant les tableaux dynamiques et vivants.

Un presque sans faute pour cette comédie musicale : le détail qui ne m'a pas accroché, ce sont les projections murales utilisées durant le spectacle. Elles n'apportent rien, hormis un côté "vidéo clip" un peu naïf. Cependant, comme je l'ai dit : c'est un détail.
"Oliver Twist" reste de loin le spectacle le plus abouti de la saison, et prouve le savoir-faire français en matière de musical.


Pour qui ?
- Les familles ; un superbe moment pour les fêtes...
- Les addicts des shows de Broadway et du West End.





Notre Dame de Paris

De qui ?
de Luc Plamondon et Richard Cocciante.



                                                                                                                                                      

De quoi ça parle ?
On connait tous l'histoire de Quasimodo (soit parce qu'on a lu Hugo, soit parce qu'on a vu Disney !).
Le spectacle revient sur la scène qui l'a vu naître il y a 20 ans, avec ses tubes qui n'ont pas pris une ride et une toute nouvelle distribution. Comme le bossu, Gringoire, Clopin, Frollo, Phoebus, c'est l'occasion de venir tomber amoureux d'Esmeralda.


Et alors ?
Fan de la première heure de ce spectacle, qui fut un peu le précurseur de la nouvelle vague de comédies musicales françaises, j'avais eu le bonheur d'assister en 2011 au concert à Bercy avec la distribution originale, mais cette fois était la première où que j'ai pu voir le show "en vrai".

Dans un Palais des Congrès plein à craquer, un public impatient découvre les nouveaux artistes qui se glissent dans les traits des personnages emblématiques de Victor Hugo. Un casting excellent, des timbres proches des interprètes originaux, qui parviennent à conserver la saveur des lignes mélodiques sans en faire une copie : on s'en réjouit, tout particulièrement pour le rôle de Quasimodo, à la voix si particulière. Défi relevé haut la main par Angelo del Vechio (qui endosse ce rôle depuis 2011). On pourrait à tous décerner une mention spéciale : mon coup de coeur se divise cependant entre Alyzée Lalande (aperçue dans "Jules Verne" à Mogador) et Daniel Lavoie, l'inimitable, que l'on voit reprendre l'habit de Frollo avec un frisson (oh, l'Acte II et ce "je t'aime" avoué dans un cri à Esmeralda... qui mieux que lui ?).

La mise en scène n'a pas vraiment changé, et pour cause : tous les éléments y étaient déjà. Ce qui caractérise avant tout ce spectacle, c'est cet étrange mélange entre modernité et Histoire, écho du passé et reflet du présent. Le décor sobre laisse la part belle à des chorégraphies survoltées. Quelques tableaux ont été un peu modifiés, des chansons inversées, mais l'ensemble reste proche de l'original, pour la plus grande joie des fans et la découverte d'un nouveau public.

Les chansons, ces bijoux, résonnent dans la salle, et longtemps encore après la fin du show, dans la tête des spectateurs. On a rarement depuis 1998 atteint le sublime de la combinaison Cocciante/Plamondon.


Pour qui ?
- Les adeptes du musical ne peuvent manquer ce qui est désormais un Classique.
- Les nostalgiques de 1998, et ceux qui veulent le faire découvrir à une nouvelle génération.




Renata

De qui ?
de Sebastian Galeota et Stephan Druet, d'après Javier Maestro.


                                                                                                                                                      

De quoi ça parle ?
Le patron est mort !... Que vont devenir les quatre employés de maison, sans leur bienfaiteur ? Et puis il faut dire qu'il laisse derrière lui un vaste héritage, et pas d'héritier, hormis sa veuve Renata que personne n'a vu depuis des années, quand elle est retournée dans son Argentine natale sans laisser d'adresse.


Et alors ?
Les premières minutes intriguent, puis je me trouve happée par le stratagème de ces quatre domestiques : c'est Jean, le fils des domestiques, devenu bilingue en espagnol, qui se glissera dans la peau et dans les robes à froufrou de Renata !

Une fois les rouages de ce plan en place, le rythme s'accélère. Le texte, ciselé, et les personnages aux caractères disparates, permettent d'apporter beaucoup d'humour, de situations cocasses, mais aussi une réflexion sur la différence.
De la femme de chambre naïve et fleur bleue, au couple aigri et manipulateur formé par la gouvernante et le jardinier, on se demande qu'elles sont les limites de ces protagonistes, et leur manque de compas moral tempère leurs discours.

Le décor vieillot s'équilibre avec la modernité de la mise en scène, qui penche vers le loufoque et l'absurde : arrêts sur image et onirisme sont au rendez-vous.

C'est surtout le jeu que l'on retiendra de ce spectacle, avec un quatuor d'acteurs sympathique, mais surtout Sebastian Galeota, dans le rôle de la veuve éplorée. Il interprète ici une femme, la femme, avec une sensualité que chacune lui envierait, et une garde-robe... n'en parlons pas ! Pailleté et agile, pour un pas de tango, radieux et sensible dans son rôle de maîtresse de maison à l'accent chantant, et surtout, juste, jusqu'à l'épilogue en point d'interrogation...


Pour qui ?
- Entre copines, pour un moment de détente.
- Les fans d'entourloupes, d'intrigues ou d'accent argentin.



Un été 44

De qui ?
de Sylvain Lebel et Valéry Zeitoun.




                                                                                                                                                      

De quoi ça parle ?
Les destins croisés de trois jeunes femmes normandes, depuis le Débarquement jusqu'à la libération de Paris, avec des jeunes hommes de divers horizons : un frère en Angleterre, un ami avide de résister, un soldat allemand...


Et alors ?

Une belle idée, il faut l'avouer. Et un potentiel incommensurable avec aux manettes Valéry Zeitoun et une armée de compositeurs parmi les plus émérites de notre royaume.

Et pourtant...

Tout est mis en oeuvre pour que la magie prenne : des musiciens en live, un décor gigantesque, des interprètes avec une jolie touche d'originalité.

Et pourtant...

Le décor, pensé comme ceux des plus grosses productions françaises, fait malheureusement plutôt office de parasite : dans plusieurs tableaux, les personnages restent coller dans un mètre carré représentant "leur univers", ce qui rend la mise en scène statique. Pas de chorégraphies pour habiller, seulement un jeu de lumières créatif qui anime l'ensemble mais ne suffit pas...

Les chanteurs, aux timbres originaux, perdent toute crédibilité sur les scènes de dialogues. Scènes d'ailleurs entrecoupées par des apparitions sur grand écran d'une narratrice, incarnée par Marisa Berenson, supposément l'héroïne de l'histoire, Yvonne... et qui ne pourrait être plus éloignée physiquement et vocalement d'Alice Raucoules, qui joue Yvonne à 20 ans. Ce manque de cohérence se retrouve aussi dans l'enchaînement des tableaux, souvent brusque et qui ne permet pas de ressentir pleinement ce que ces destins brisés sont sensés nous inspirer.

Cette critique, à bien des égards, peut sembler très tatillonne, mais le réel sentiment que j'ai eu durant tout le spectacle, c'était l'incompréhension. Pourquoi avoir voulu faire si compliqué ? Les chansons suffisaient.
Elles sont pour la plupart ciselées, émouvantes, racontant plus que tous les dialogues approximatifs, les décors encombrants : elles racontent l'Histoire.


Pour qui ?
-Des familles avec ados, pour un cours d'histoire non magistral ?
-Celles qui regardaient "Popstars" avec beaucoup d'indifférence pour les Whatfor mais un léger béguin pour le regard bleu de M. Zeitoun.

Euréka !

De qui ?
de Jean-Paul Bathany, mis en scène par Jean-Philippe Daguerre.



                                                                                                                                                      

De quoi ça parle ?
Un scientifique ruiné décide de maquiller le suicide de son épouse en meurtre pour empocher l'argent de l'assurance-vie et terminer le projet le plus important de son existence, un réacteur révolutionnaire. Il se fait aider par son meilleur ami, écrivain fauché. Un plan sans faille, ou presque.


Et alors ?
Une histoire qui commence avec une trame simple, et qui va crescendo : l'intrigue comico-policière s'élance dans l'inattendu, les répliques fusent, de plus en plus croustillantes, en particulier celles de l'écrivain raté, incarné par Eric Laugerias.

De quiproquo en surprises, les trois compères nous emmènent dans leur univers avec un jeu juste et tendre. Charlotte Matzneff est assez irrésistible dans ce rôle de fausse ingénue au physique avantageux.

Ajoutez à cela un décor qui révèle des surprises jusqu'à l'épilogue.
Une jolie comédie qui joue avec les codes du boulevard, les dépoussière et nous divertit !


Pour qui ?
-Ceux qui ont besoin de décompresser et rire un bon coup !
-Une sortie à faire en couple.

La louve

De qui ?
de Daniel Colas.
                                                                                                                                                      

De quoi ça parle ?
Comment François Ier accéda au trône de France, entouré de femmes : la sienne, celles qu'il voulait conquérir, et celle qui l'avait mis au monde, Louise, la Louve.


Et alors ?
Je m'interrogeais sur le concept de "comédie historique", et j'ai finalement suivi les conseils de moultes confrères : bien m'a pris d'aller découvrir cette Louve, fresque haletante rappelant plus un épisode de Game Of Thrones qu'un cours magistral d'histoire-géo.

Une mise en scène sobre, un décor à l'avenant, et un texte ciselé, regorgeant de pépites croustillantes. Les deux heures passent comme un rien, dans le rythme effréné des confrontations, des manigances, des séductions entre les protagonistes. De la grivoiserie, aussi, bien sûr !
On apprend sur les coulisses de l'Histoire autant que l'on rit. Et on se demande quel est le degré de liberté pris par M. Colas dans sa narration des faits...!

C'est surtout l'excellente distribution qu'il faut retenir de cette pièce : des comédiens à qui ces rôles vont comme un paire de gants, élégants et justes. Un coup de coeur particulier pour Patrick Raynal, bouleversant, Béatrice Agenin, impressionnante, et Maud Baecker, méconnaissable dans ce rôle au physique ingrat (si éloigné de la blonde superbe qu'elle est en réalité).


Pour qui ?
-Les férus d'histoire, sans hésitation.
-Ou les curieux, cherchant un spectacle atypique entre divertissement et pédagogie.

Les 3 Mousquetaires

De qui ?
Dominic Champagne et René Richard Cyr.
                                                                                                                                                      

De quoi ça parle ?
Librement inspirée du roman de Dumas, c'est l'épopée du jeune d'Artagnan et de ses amis Athos, Porthos et Aramis pour sauver l'honneur de la Reine et défaire le stratagème du vil Cardinal de Richelieu.


Et alors ?
Un bon divertissement.

Dès les premières minutes le ton est donné : les chorégraphies sont absolument bluffantes, dynamiques à souhait. Les chansons, "catchy", faciles à retenir et à entonner avec la troupe. Le décor se compose de quatre colonnes rotatives, qui mises bout à bout forment un écran, mais peuvent aussi se disperser pour donner de la profondeur et de nouvelles possibilités.
J'ai trouvé l'ensemble particulièrement réussi, notamment grâce au fait que l'ambiance et les effets sont différents d'un tableau à l'autre. Il se passe constamment quelque chose de nouveau ! Un soin tout particulier a été apporté à l'esthétisme des numéros : lumières, couleurs... jusqu'au costumes, très stylisés, entre design historique et matériaux modernes.

Un peu dommage, la deuxième partie est beaucoup moins agréable que la première : l'histoire s'essouffle, et les numéros solos se succèdent sans réelle cohérence. On atteint l'apogée du "wtf" sur la chanson réservée au Duc de Buckingham, un tableau plus proche d'un nightclub londonien gay que de la narration qui nous préoccupe.

On peut aussi déplorer le cliché, tel un hommage au sketch de Gad Elmaleh sur les comédies musicales, de chaque apparition des méchants (oui, c'est bien ça, avec des habits de méchants et des lumières de méchants). Une volonté nette de simplifier l'histoire s'entrevoit, de façon à être accessible au plus large public.

Un dernier point, la distribution : comme les adolescentes venues en nombre dans le public, j'étais par avance émoustillée de voir les beaux Damien Sargue et Olivier Dion. S'ils sont tous deux très convaincants dans leurs rôles respectifs, c'est finalement David Ban qui m'a le plus charmé : sa voix, son jeu, font de lui un irrésistible et viril Porthos.



Pour qui ?
- Un public familial y trouvera son compte et son plaisir.
- Les adolescentes, en particulier, y trouveront de quoi rêver un peu.
- Les afficionados du musical y trouveront une scénographie qui vaut le détour, au moins sur tout le premier acte.


Moi, moi et François B

De qui ?
Clément Gayet, mise en scène de Stéphane Hillel.
                                                                                                                                                      

De quoi ça parle ?
Le comédien François Berléand se réveille soudainement dans une pièce qui ressemble à une agence de voyages. Mais sans porte, ni fenêtre, seulement un curieux individu qui lui annonce qu'il s'appelle Vincent, qu'il est auteur... et que nous sommes actuellement enfermés dans sa tête !

Et alors ?
Une excellent surprise et un régal que cette pièce.

Pour ma part, je suis complètement entrée dans l'univers barré proposé par ce spectacle, à la fois ode au théâtre et délicieuse satire de ses codes. Bien sûr le thème de l'écriture a déjà été maintes fois abordé sur les planches, mais rarement, en tous cas pour moi, avec cette fraîcheur.
Le décor ? Un bijou de curiosité. La mise en scène ? Décalée, pour coller à l'atmosphère générale de cet ovni théâtral.

Ici, on enchaîne les mises en abîme, au risque de perdre le spectateur (quelques secondes seulement, je vous rassure). Le texte est drôle, original, et défendu avec brio par une distribution étincelante.

On retrouve avec bonheur Sébastien Castro, et on découvre dans la foulée un François Berléand cocasse, plein d'une belle auto-dérision, nécessaire à la thématique de la pièce.

On sort du Théâtre Montparnasse le sourire aux lèvres et la tête qui gamberge encore agréablement...


Pour qui ?
- Pour les théâtrophiles qui n'ont pas peur de voir les codes se casser, ou qui ont besoin de renouveau.
- Les fans de Sébastien Castro : il y est si croustillant !




Le dernier baiser de Mozart

De qui ?
Alain Teulié, mis en scène par Raphaëlle Cambray.


                                                                                                                                              

De quoi ça parle ?
Constance Mozart se retrouve, quelques jours après le décès de son illustre compositeur de mari, face à la triste réalité : elle est veuve, mère de deux enfants, et sans le sou. Son ancien amant, Süssmayr, lui propose de finir rapidement et discrètement le Requiem inachevé de Mozart.


Et alors ?
On entre dans la salle, au Petit Montparnasse, pour découvrir une large scène sans rideau, laissant apparaître un décor superbe et feutré. Tous les détails y sont pour nous ramener dans cette Vienne de 1791.

Delphine Depardieu fera revivre Constance Mozart, avec justesse et émotion. Le texte imaginé par Alain Teulié permet au duo d'acteurs d'évoquer nombres d'éléments de la vie de Mozart, mais aussi le quotidien, l'amour, la musique, le manque... L'ensemble est joliment ponctué de musique.

Beaucoup de douceur, donc, dans ce spectacle, mais peut-être un bémol, il y manque un petit grain de folie : de par le thème, j'ai pensé à plusieurs reprises au film "Amadeus", écrit par Peter Shaffer, et qui dépeignait jusque dans la mort le regretté Mozart dans toute sa loufoquerie.


Pour qui ?
- Les mélomanes.
- Les amateurs de reconstitution historique, pour ce décor et ces costumes si soignés !





Baisers

De qui ?
la troupe à Palmade.


                                                                                                                                              

De quoi ça parle ?
3 garçons, 3 filles, un thème = une infinité de possibilités.


Et alors ?

Après avoir a-do-ré leur comédie musicale "Cousins comme cochon" il y a quelques mois, je me devais de revoir la fameuse troupe à Palmade.
Comédiens différents, talents identiques ! Les six artistes nous proposent cette fois quelques saynètes sur le thème du baiser : un premier baiser, un baiser volé, un baiser machinal, un baiser tabou...
Les sketches s'enchaînent à toute allure, rythmés, joués avec brio, dans une atmosphère dynamique et rafraîchissante. Aussi me suis-je complètement laissée embarquer dans ce délire de bouches, vaguement intriguée par le degré de vécu qu'il pouvait y avoir dans ces récits incongrus mais si réalistes.

Un seul défaut ? C'était trop court !


Pour qui ?
- Evidemment, avec votre moitié.
- A défaut, votre meilleure copine !






Showcase - Saturday Night Fever

A quelques mois de leur première au Palais des Sports, la troupe de SATURDAY NIGHT FEVER a offert à quelques privilégiés un showcase au Yoyo, nightclub sélect de la capitale.

L'occasion pour les amateurs de musical de découvrir les premiers pas de Fauve Hautot, la jolie rousse de "Danse avec les stars", dans le rôle de Stéphanie.
Un spectacle qui s'appuie sur un film culte et devrait laisser la part belle à la danse, plus qu'au chant peut-être. En tous cas, il nous tarde d'en savoir plus !




Cliquer sur l'image pour découvrir notre vidéo "Showcase Saturday Night Fever"

La peur

De qui ?
Elodie Menant, d'après Stefan Zweig.

                                                                                                                                              

De quoi ça parle ?
Irène vit son quotidien de femme au foyer rangée auprès de ses enfants et son mari. Tout du moins en apparence, car elle s'éclipse tous les mercredis pour retrouver Edouard, qui est peut-être bien plus que son professeur de piano. Jusqu'au jour où Elsa, la compagne de son amant, vient menacer Irène de tout dévoiler à son mari.


Et alors ?
J'avais entendu tant de bien de ce spectacle... Des compliments, je dois l'avouer, mérités !

On est d'abord pris au dépourvu par un étrange décor, représentation d'une maison dont certains murs sont manquants, ou mobiles. On se sent un peu comme un voyeur, découvrant cette femme, son mari, son quotidien, et son secret.

La force de cette pièce réside surtout dans sa narration, rythmée de bout en bout, et dans son atmosphère qui s'installe dès les premières minutes : l'angoisse du personnage principale, le doute sur sa santé mentale, sa destruction à petit feu.
Le jeu des comédiens porte cette ambiance si particulière de thriller. Mention spéciale à l'interprète d'Irène, Hélène Degy (qui fut aussi la superbe coiffeuse dans "Dernier coup de ciseaux") : elle brille de justesse et de grâce, passant du rire aux larmes, du léger stress à la panique, captivante.



Pour qui ?
- Les amateurs de Zweig, cela va sans dire.
- Vous et votre moitié, que vous ayez ou non quelque chose sur la conscience.







Nos amis les humains

De qui ?
de Bernard Weber.



                                                                                                                                              

De quoi ça parle ?
Raoul et Samantha ne se connaissent pas, mais vont se découvrir l'un l'autre en s'éveillant brutalement dans une cage de verre géante dont ils sont prisonniers...


Et alors ?
Un décor et des accessoires qui fonctionnent dans la sobriété, laissant la pièce reposer au maximum sur le texte et le duo de comédiens. Dans une étrange atmosphère de science-fiction, j'ai adhéré à l'univers proposé, aux caractères des protagonistes, chacun diamétralement opposé à l'autre, mais tous deux touchants de réalisme. Mention spéciale pour M. Barc, dans le rôle du scientifique sarcastique qu'il porte fort bien.

C'est surtout un bel échange sur l'humain, ses forces et ses travers. Un moment de charme et d'originalité au Palais des Glaces.


Pour qui ?
- Les fans de Weber, sans aucun doute.
- Plutôt pas mal à découvrir en couple.








Edmond

De qui ?
d'Alexis Michalik.


                                                                                                                                              

De quoi ça parle ?
Décembre 1897 : un jeune auteur écumant les désillusions et les fours se lance dans l'écriture et le montage d'une nouvelle pièce. L'épopée d'une troupe, et d'Edmond Rostand dans la création de "Cyrano de Bergerac".


Et alors ?
Je pense que, dans les années à venir, j'irai voir sans l'ombre d'une hésitation toute nouvelle pièce d'Alexis Michalik. Déjà fan de celles qui lui ont récemment rapporté trois Molière, j'espère qu'il a chez lui une étagère plus grande, en vue du palmarès de l'année 2017.

Que dire ? Un thème fabuleux et si bien exploité... Un savant mélange entre la pièce originale d'Edmond Rostand et les péripéties imaginées par Michalik... Ce désormais incontournable équilibre entre réalité et fiction, entre personnages et personnalités de l'époque... Un décor ciselé, grandiose...
Une distribution juste et touchante.

Je pourrais continuer longtemps de chanter les louanges de ce spectacle, de cet auteur, mais rien ne remplacera l'émotion vive, les rires, les larmes, qui bouleverseront quiconque se rendra au Théâtre du Palais Royal pour vivre ce moment de théâtre hors du commun, hors du temps.


Pour qui ?
-  Jeune, vieux, passionné de théâtre ou novice, homme ou femme, seul ou accompagné. Tout le monde, sans exception.









La tragédie du dossard 512

De qui ?
de Yohann Métay.





                                                                                                                                               

De quoi ça parle ?
L'épique récit d'un homme qui fait une longue, très longue course à pied : 40 heures et 170 km  autour du Mont Blanc !


Et alors ?
Il faut savoir que Yohann Métay caracole dans les tops de vente de billets depuis de longs mois maintenant. Evidemment, je me suis posée la question : est-ce qu'il y a tant de coureurs à pied que ça dans Paris, ou alors est-ce que son spectacle est vraiment super ? Je m'y suis donc rendue. Je ne suis toujours pas en mesure de vous donner les statistiques d'adeptes de trail dans la capitale, mais une chose est sûre : il faut voir "la tragédie du dossard 512".

Le spectacle met un peu de temps à s'installer : on s'interroge vaguement sur ce grand mec, en costard, qui prétend nous parler d'exploits sportifs. Et puis, la métamorphose se fait. On s'attache au personnage, à son auto-dérision, à sa manière cocasse de voir le monde et l'épreuve qui l'attend.
C'est non seulement un texte bien ficelé, mais également une vraie performance de comédien, créative et variée.
Même pour un spectateur absolument pas sportif (ah, oui, comme moi !), tout est expliqué, avec humour, et on se croirait réellement quelque part dans la montagne suisse, témoin de l'exploit et de la souffrance de l'ampoule...
J'ai été tout particulièrement séduite par ses "interactions" avec l'audience, subtiles et cocasses.

Rien ne sert de courir, il faut partir à la Comédie de Paris et découvrir cet artiste/sportif talentueux...


Pour qui ?
- Les marcheurs et coureurs à pied, bien sûr.
- En famille, entre amis, en couple, peu importe : tout le monde y passera un bon moment.











Acting

De qui ?
de Xavier Durringer.




                                                                                                                                               

De quoi ça parle ?
Dans la cellule exiguë d'une prison, deux détenus guettent l'arrivée de leur troisième "colocataire". Surprise, ou destin, Robert, tout juste condamné pour meurtre, est un homme de théâtre : une occasion unique pour des cours d'acting à domicile.


Et alors ?
Une distribution alléchante et un thème qui ne l'est pas moins... "Acting", c'est une ode au Théâtre. On y développe un amour sincère des comédiens, tant dans le fond que dans la forme, et on y trouve de belles pépites, phrases ou situations de jeu, dans le registre comique tant que sur la tendresse ou l'émotion. La gorge se serre une seconde, pour se déployer l'instant suivant dans un grand éclat de rire.

Horace, campé par Patrick Bosso, détenu muet ou qui a choisi de l'être, paraît d'abord faire partie du décor. Son personnage est finalement le plus proche de nous, spectateurs, témoin de la relation des deux autres sans pouvoir réellement intervenir, mais dont les ressentis importent.

Kad Merad est parfait dans le rôle de Gepetto, l'apprenti comédien, un rôle qui lui impose de finalement jouer quelqu'un qui ne sait pas jouer. C'est par lui que passent les savoureux clichés des exercices d'acteur, à grands renforts d'humour et de mauvaise foi, mais aussi quelques interrogations sur la culture générale en opposition au divertissement le plus populaire.

Le troisième larron, Robert, alias Niels Arestrup, cultivé, sensible, apporte ses réflexions sur son métier de comédien, de metteur en scène, tranchant avec la naïveté et les lacunes de Gepetto. Il a vécu pour son art, il a tué pour son art, et sa seule façon de payer sa dette à la société, c'est de partager ce qu'il porte en lui.

Au fur et à mesure de l'histoire, le décor, qui est donc une cellule, va sensiblement s'agrandir : une façon bien poétique de nous dire que l'art, ou la passion peut-être, peut élargir nos horizons et notre espace.
Un seul bémol, à mes yeux : l'épilogue brusque, sans porte de sortie, quand on espérait encore le meilleur pour ces personnages si attachants.



Pour qui ?
- A voir entre comédiens, artistes, créateurs, passionnés.
- Ceux qui traquent les "têtes d'affiche", pour ce trio remarquablement choisi.












Le rouge et le noir, l'opéra rock

De qui ?
de Zazie, Vincent Baguian, d'après Stendhal.



                                                                                                                                               

De quoi ça parle ?
Julien Sorel, né pauvrement mais instruit, est engagé chez la famille de Rênal au service des enfants. Rapidement, une passion s'installe entre lui et la jolie maîtresse de maison, conduisant au renvoi du jeune homme, qui réalise qu'il doit s'élever et changer sa condition sociale.


Et alors ?

Le Rouge ?

  • L'idée de mettre en spectacle un roman pour le moins complexe (que personnellement, j'ai laissé tomber après la première partie). On permet ainsi à une nouvelle génération de découvrir un des plus grands classiques de la littérature française. 
  • La distribution : beaucoup d'originalité dans les voix et les interprètes choisis pour ce spectacle. On est loin des timbres que l'on entend habituellement en comédie musicale. Mention spéciale pour Yoann Launay en narrateur, et Haylen, aux graves pénétrants.
  • Les costumes : entre style d'époque et étoffe moderne, l'équilibre est réussi. Les protagonistes, surtout les dames, affichent des tenues magnifiques. Les robes de bal feront des envieuses !
  • La musique : c'est de loin ce qui m'a le plus enthousiasmé sur ce show. Les mélodies sont "catchy" à souhait, le côté rock est bien présent, et surtout, le groupe en live assure à 200% tout au long du spectacle. Les musiciens sont, de plus, "intégrés au décor" : un régal de les voir se donner à fond !


Le noir ?

  • Le décor/les effets spéciaux : hormis la surélévation qui sert de seconde scène, pour les musiciens, je n'ai pas accroché du tout au décor. Quatre écrans pivotent, étalant des éléments en deux dimensions pour former les différents lieux de l'action. Il y a bien un côté "livre", idée intéressante, mais qui au final m'a parue franchement inesthétique. Certains effets, probablement, tentent la carte de l'humour, mais tombent à l'eau (scène du dîner, scène des chevaux). Quant aux éclairages, attention les yeux, on frôle parfois la crise d'épilepsie. 
  • Le jeu des comédiens : s'ils sont tous de bons chanteurs, les scènes parlées ne sont pas du même niveau. Le personnage principal notamment a de longs monologues, passant par des émotions fortes de colère, de révolte, qui ne fonctionnent que lorsqu'il chante. 




Pour qui ?
- Un public familial, avec beaucoup d'ados, qui semblent très impatientes de se plonger dans les pages de ce roman de Stendhal revisité (ou dans les yeux du joli Côme, c'est selon).













Timéo

De qui ?
d'Alex Goude.


                                                                                                                                               

De quoi ça parle ?
Timéo est un ado handicapé qui a la passion du cirque. Le jour où le Cirque Diabolo s'installe près de chez lui, il prend son courage à deux mains et se glisse sous le chapiteau dans l'espoir de rencontrer les artistes et qui sait, peut-être obtenir un autographe de son idole, Melody...


Et alors ?
J'avais entendu beaucoup de choses sur ce spectacle avant de m'y rendre... Soyons honnêtes, beaucoup de choses négatives, surtout. Je vais donc taper du poing et défendre "Timéo", qui a été pour moi un joli moment de divertissement et de découverte.

Premier point à souligner, ce spectacle développe une histoire originale : c'est très rare, en particulier sur cette rentrée où les comédies musicales, plus nombreuses que jamais, jouent la carte de l'adaptation ou de la reprise (ce qui n'est pas un mal, mais une histoire originale, c'est plus risqué, tout de même). La journée d'un jeune handicapé qui veut croire en ses rêves, ça peut paraître un thème "facile", mais le spectacle va plus loin, évoquant le regard des autres sur le handicap, les réactions variées que l'on a face aux personnes qui en sont atteintes, utilisant même le langage des signes sur une chorégraphie, et s'appuyant sur les effets spéciaux pour sortir des sentiers battus.

Ces effets, d'ailleurs... parlons-en ! Il y a dans "Timéo" une machinerie incroyable et impressionnante, digne d'un véritable cirque : trapèzes, trampoline, rampe de skate, qui permettent aux artistes de briller dans leurs disciplines respectives. Deux systèmes d'écrans géants coulissent sur la scène, accentuant la profondeur et créant les décors. Certains effets de vidéo ou de lumière sont clairement plus réussis que d'autres (par exemple, un très joli numéro "électro" incluant des lumières laser). Il y a parfois un décalage, un côté "too much" dans la vidéo, mais qui n'enlève en rien la surprise et l'émerveillement face à l'audace d'un spectacle qui cumule autant d'éléments : lasers, ombres chinoises, lumière noire, pyrotechnie...

C'est sans doute pour la même raison que les artistes ne sont pas complètement convaincants, en terme de jeu et de chant... parce qu'ils sont pour la plupart accomplis dans leur discipline circassienne ! Je pardonne bien volontiers une fausse note venant d'un interprète qui se balance à 4 mètres au-dessus du sol pendant qu'il pousse la chansonnette...
Et certains chanteurs sortent vraiment du lot : mention spéciale au duo clownesque formé par Simon Heulle et Djamel Mehnane !

On retrouve surtout dans ce show une sincérité et un enthousiasme visibles qui se communiquent au public. Le rythme, aussi, est remarquable, les numéros s'enchaînant de manière effrénée : on ne voit pas le temps passé (une prouesse pour un spectacle de 2h30). Le petit plus, l'humour, qui ponctue le spectacle de jeux de mots douteux et savoureux : la marque de fabrique d'Alex Goude ?!


Pour qui ?
- Un public familial, sans hésiter.
















Rentrée 2016 : Musicale !



Les habitués de "Vu Lu Entendu" le savent, la comédie musicale est une passion de longue date pour moi. C'est donc d'un oeil attentif que j'ai suivi, au cours des derniers mois les annonces, nombreuses et successives, des musicals de cette rentrée. Une chose est sûre, le choix ne manque pas.

Le Fantôme de l'Opéra, les 3 Mousquetaires, Oliver Twist, mais aussi Mademoiselle, Naturellement belle... Des grosses productions aux spectacles plus modestes, nous ne sommes pas à l'abri d'une bonne surprise ! Je posterais autant que faire se peut sur ces shows, et vous propose sur cette page un petit "classement", en fonction de mes affinités, qui sera mis à jour au fur et à mesure de la saison.


Classement (temporaire) des spectacles musicaux vus cette saison :

Oliver Twist
Notre Dame de Paris
Naturellement belle
Les 3 Mousquetaires
Les Dix Commandements
Timéo
Mademoiselle
Le rouge et le noir
Un été 44



J'en profite pour mentionner ici mes trois coups de cœur de la saison dernière, que vous pouvez encore (re)découvrir sur les planches de leurs salles respectives. Trois spectacles musicaux, complètement décalés, et également irrésistibles.







En tous cas, la saison a commencé très fort, par une invitation au Théâtre Mogador, où quelques privilégiés ont pu surprendre l'équipe du Fantôme de l'Opéra en pleine répétition.


Cliquer sur l'image pour découvrir notre vidéo "Les coulisses de Mogador"



Suite à un incendie survenu le 25 septembre au matin, Stage Entertainment a malheureusement annoncé un délai encore difficile à définir à ce jour quant à l'ouverture du spectacle qui était prévu début octobre.
Nous espérons de tout cœur que ce projet verra le jour, enchantés par ce que nous avons vu et entendu dans les coulisses de ce spectacle ô combien prometteur...





Naturellement Belle

De qui ?
de Rachel Pignot et Raphaël Callendreau.



                                                                                                                                               

De quoi ça parle ?
Bienvenue à l'Agence, où deux employés archi compétents dans leur domaine savent comment rendre leur cliente, "la star" plus resplendissante de jour en jour et de sondage en sondage.


Et alors ?
Une savoureuse surprise !

Par où commencer... Le décor est sobre et efficace, laissant toute la magie reposer sur les épaules des deux interprètes. Et quel talent ! Chanteurs, musiciens, mais aussi auteurs de ce spectacle "ovni", aux thèmes sérieux mais au ton si cocasse.
C'est en musique que l'on critique ici la recherche de beauté par tous les moyens, dans une société presque futuriste, presque caricaturale.

Les chansons s'enchaînent, pétillantes d'intelligence, de bons mots et d'idées farfelues.
On saupoudre le tout d'une touche de kitsch, comme on les aime, avec une voix off et quelques accessoires qui multiplient les personnages et les situations loufoques.
De la première à la dernière seconde, on ne verra pas le temps passé dans cette épopée musicale. On quittera le charmant Studio Hébertot, le pas léger et le sourire aux lèvres : plus beau, naturellement.


Pour qui ?
- Les fans de musical feraient bien de se ruer sur ce petit bijou.
- Un public anti-conformiste y trouvera son compte aussi, par le format original de cette comédie musicale, mais surtout par les thèmes abordés.
















Mademoiselle

De qui ?
d'Isabelle Layer et Philippe d'Avilla.


                                                                                                                                               

De quoi ça parle ?
Un soir de dernière, une meneuse de revue revient sur sa carrière, son ascension, et ses amours, le tout en musique !


Et alors ?
On aurait aimé, peut-être, une intrigue un peu plus originale... mais le charme opère grâce au concept : une interprète, un piano, et de grands standards du musical traduits en français pour vous raconter l'histoire de cette meneuse de revue.
J'apprécie tout particulièrement cette écriture à base de chansons déjà existantes et qui s'insèrent dans un récit, comme l'ont fait Moulin Rouge ou encore Mamma Mia.

Ici, cela nous donnera de nouvelles versions de classiques comme "Life is a cabaret" ou "Memory", mais aussi de jolies surprises comme "Respect" d'Aretha Franklin dont la revisite en piano/voix est un pari gagnant.

Une interprète enjouée, dont on sent la passion, un pianiste de talent, un décor sobre et des costumes soignés, pour un moment de divertissement simple et sincère.


Pour qui ?
- Les amateurs de jazz ou de standards du musical.
- Les touristes, qui y découvriront le charme et la séduction "à la française".

















Mariage et châtiment


De qui ?

de David Pharao.



                                                                                                                                               

De quoi ça parle ?
Edouard doit se rendre au mariage de son meilleur ami lorsque sa secrétaire débarque, lui rappelant qu'ils ont un dossier à terminer pour le jour-même. S'en suivent mensonges et quiproquos, créant des ravages dans les relations qu'Edouard tentait pourtant de préserver.


Et alors ?
Un peu sceptique sur ce boulevard, qui dépoussière un peu le genre mais qui ne m'a pas convaincue. La faute à l'intrigue, ses improbabilités, et l'épilogue, en queue de poisson.
La morale de l'histoire, c'est que tout le monde ment, en dépit des conséquences. Ah ?

Il y a beaucoup de bonnes répliques, mais quand on insiste trop sur une blague, elle en perd sa saveur, et c'est dommage (exemple : la plaisanterie sur le cerveau de la mariée, que le personnage d'Edouard décortique sur 3 répliques... J'ai éclaté de rire à la première, mais les suivantes...).


On relèvera quand même la belle alchimie du duo Russo/Gamelon, dont l'amitié inconditionnelle rythme le spectacle, et les apparitions de Fannie Outeiro, impeccable dans son rôle de future mariée blonde.
Costumes et décor sont soignés, un plaisir pour les yeux.

Si je ressors mitigée de la salle, je semble être la seule : la foule compacte de seniors qui composait le public ce soir n'a pas boudé son plaisir !



Pour qui ?
- A offrir à vos grands-parents.



























Croque-Monsieur


De qui ?

de Marcel Mithois.



                                                                                                                                               

De quoi ça parle ?
En pleine nuit, Mme Baisos découvre qu'elle est malencontreusement veuve pour la 5ème fois, mais pire encore ruinée. Qu'à cela ne tienne, la charmante séductrice se met en chasse d'un nouveau parti qui la mettra à l'abri du besoin.


Et alors ?
Si comme moi, à la lecture du résumé, vous avez haussé les épaules... Oubliez-le et laissez votre curiosité prendre le pas pour découvrir la fabuleuse prestation de Fanny Ardant.
A elle seule, elle justifie et porte le spectacle, subjuguant la salle du premier au dernier instant.
C'est inexplicable. Sa présence, son charisme, sa voix, emmènent le spectateur entre rire et émotion.

Le reste de la distribution, probablement en comparaison, m'a moins convaincue, exception faite des interventions cocasses de Bernard Menez et Vittoria Sconamiglio.

Le texte et les thématiques sont un peu dépassés, mais le parti pris de mise en scène, résolument "kitsch", fait passer la pilule : je me suis complètement laissée embarquer par les numéros chantés qui entrecoupent le spectacle. Ajoutons à cela un décor sympathique et des costumes chatoyants... Un divertissement fort agréable, au final !



Pour qui ?
- En couple, pourquoi pas ?
- Ou un sortie à offrir à vos parents, un joli clin d'oeil !

























Ohlala


De qui ?

Une production Grégory et Rolf Knie.


                                                                                                                                               

De quoi ça parle ?
Cabaret burlesque de qualité, le spectacle est un enchaînement de numéros acrobatiques, artistiques, érotiques, mené par un fil rouge, une ballerine passant de l'innocence au vice.


Et alors ?
Une bien agréable surprise, aux Folies Bergère.

Difficile de ne pas faire de comparaison avec une autre revue burlesque, "The Hole", proposée il y a quelques mois par le Casino de Paris. On y retrouve beaucoup d'éléments communs, avec un soulagement de taille : la vulgarité a disparu !
Ici, la sensualité, l'érotisme sont délivrés avec grâce et tact. Les artistes aux corps superbes se succèdent, sublimés par des costumes originaux et une création lumières remarquable.

Le fil rouge et sa ballerine qui sombre petit à petit vers le côté obscur de la force m'ont laissés de marbre, alors que son apparition finale, en duo pour un des numéros les plus spectaculaires du show, coupe le souffle. De manière générale, la troupe est d'un excellent niveau : ce sont des disciplines que l'on a déjà vues, mais qui sont ici perfectionnées et renouvelées par ces artistes de haut vol. J'en retiendrais tout particulièrement un groupe de danseurs masculins à l'énergie débordante, la musique en direct sur une grande partie du show, et mon coup de cœur, l'homme au fouet.

Le petit plus : un "pre-show" a lieu dans le hall (ô combien grandiose) des Folies bergère, pour prendre un verre et quelques photos des artistes, avant le lever de rideau. Une bonne raison de venir en avance...


Pour qui ?
- En couple, pourquoi pas ?
- Idéal pour un enterrement de vie de jeune fille sophistiqué !
- Pour ma part, je m'y suis rendue avec un ami touriste, qui n'a pas boudé son plaisir : c'est avant tout un show visuel, pas besoin de parler français.























Donel Jack'sman


De qui ?

Donel Jack'sman.


                                                                                                                                               

De quoi ça parle ?
Du stand-up de haut niveau qui aborde les sujets des plus triviaux (la musique actuelle, les couples) aux plus épineux (la pédophilie, les attentats, rien que ça !).


Et alors ?
Après avoir vu "l'humoriste au maillot" quelques minutes en première partie de Kheiron, j'étais intriguée.
J'ai su que j'avais fait le bon choix assez rapidement : un artiste qui ouvre son spectacle en manifestant son interrogation sur les textes de Maître Gims, j'adhère !

Ce que j'ai particulièrement apprécié, par rapport à d'autres spectacles du genre, c'est la retenue de l'humoriste quant à se moquer de son public : il brise le quatrième mur pour discuter, pas pour casser. Son sens de la répartie nous indique qu'il pourrait facilement envoyer des vannes bien senties, mais l'atmosphère qu'il instaure en est du coup plus conviviale, plus familiale, renforcée par cette petite salle bien agréable qu'est le Sentier des Halles.

Donel Jack'sman n'hésite pas à aller plus loin, dans les sujets abordés d'une part, mais aussi dans l'aspect gratiné de certaines anecdotes. On lui pardonne immédiatement les plus salées à cause du sourire franchement radieux qu'il affiche à chaque dépassement de borne.



Pour qui ?
- En couple, pourquoi pas ?
- Avec votre meilleur ami du sexe opposé !






















L'addition


De qui ?

Clément Michel, mis en scène par David Roussel.

                                                                                                                                               

De quoi ça parle ?
Trois potes se retrouvent pour un week-end entre hommes. C'est l'occasion pour eux de faire un point sur le vie autour d'un verre de rosé et d'une partie de ping pong. Entre Antoine, le père de famille bien rangé, Jules le célibataire, et Axel le Dom Juan qui regrette d'avoir payé l'addition bien salée du restaurant de la veille, les discussions promettent d'être épicées...


Et alors ?
Séduite par les précédents écrits de Clément Michel, je suis venue confiante applaudir son dernier spectacle. Une valeur sûre, si j'ose dire.
L'auteur est aussi cette fois sur scène pour défendre le personnage de Jules, le coeur solitaire. On retrouve aussi avec plaisir Sébastien Castro dans le rôle d'Antoine, un prof à la vie raisonnable et à la logique irréfutable.

Difficile de comparer l'Addition à, par exemple, "Une semaine pas plus" : cette nouvelle pièce est peut-être un peu moins drôle, un peu moins loufoque, pour gagner en réalisme et en tendresse. Les personnages, aussi différents qu'attachants, forment un trio et une atmosphère sympathiques. Les dialogues sont ciselés, dosés, avec brio.

Pour parfaire le tout, un décor intimiste, d'une efficacité redoutable, enveloppe l'amitié des trois protagonistes, et à leur image, fonctionne à merveille.
La comédie fraîcheur idéale pour ce début d'été.



Pour qui ?
- A voir entre amis, évidemment !





















31


De qui ?

Gaetan Borg et Stéphane Laporte.


                                                                                                                                               

De quoi ça parle ?
C'est un rituel, tous les ans, pour le 31 décembre, Stéphane, Anthony, Victoire et Ruben se réunissent. Nous remontons le temps en leur compagnie, d'année en année, pour découvrir comment ce rendez-vous, et cette histoire d'amitié, ont commencé.


Et alors ?
Des histoires d'amitié, au théâtre, on n'en voit pas tant que ça. Celle-ci est épique, mélangeant quatre personnages, quatre personnalités aussi différentes que touchantes, quatre destins que l'on va suivre sur vingt ans, en l'espace d'une heure trente.
Une bien belle idée, avec ce récit qui nous fait voyager dans le temps pour assister à la rencontre du quatuor.

Les thèmes abordés sont nombreux, et chacun y trouvera son compte : on y parle d'amis, de travail, de famille, et d'amour.

La mise en scène, signée Virginie Lemoine, se veut discrète et efficace : quelques boîtes que l'on déplace et qui deviennent une table, un banc, un train fantôme (!).
C'est surtout par une poignée d'accessoires, une créa lumières ingénieuse, et par le jeu des comédiens que nous nous retrouvons en voyage d'un endroit à l'autre, et d'une époque à l'autre.
Quels comédiens, d'ailleurs ! Tous choisis remarquablement, tous brillants tant sur le jeu que sur le chant.

Les chansons ajoutent la touche finale, et la mention "exceptionnel", à ce spectacle. Certes il m'a fallu un peu de temps, disons un quart d'heure, pour entrer complètement dans l'univers de "31", mais c'est bien la partie musicale qui m'a finalement hypnotisée. Un coup de coeur particulier pour le titre "sous quel arc-en ciel ?", un bijou.



Pour qui ?
- A voir avec toute personne ayant une place particulière dans votre coeur : votre meilleur(e) ami(e), votre conjoint, ou celui à qui vous voudriez avouer que...
- Les fans de musicals, celui-ci étant incontournable.




















New


De qui ?

Florian Bartsch.

                                                                                                                                               

De quoi ça parle ?
Une troupe (4 interprètes, deux musiciens, un graphiste et un maître de cérémonie) propose d'improviser, à partir d'un titre, d'un lieu et d'une mélodie, une comédie musicale d'une heure !


Et alors ?
Si le concept en lui-même avait tout pour m'interpeller, c'est aussi la longévité de "New" qui m'a motivée : voilà maintenant quatre ans que régulièrement une affiche, ou un flyer me rappelle l'existence de ce show.
J'ai donc (enfin) pris mes dispositions, optant pour la version anglaise de "New", why not.

La troupe sait tenir ses promesses : chaque intervenant, à l'écoute de ses condisciples, rivalise d'ingéniosité pour faire avancer l'histoire (à savoir, ce soir-là, "Pop corn" avec en lieu, "sous-marin").
La cerise sur le gâteau, c'est la touche apportée par le graphiste, dessinant et projetant en direct le décor de chaque tableau !

Très tenant de revenir pour leur lancer des suggestions encore plus loufoques...
Ce qui tombe bien, puisqu'en plus de leur programmation actuelle, la troupe de "New" ajoutent quelques séances exceptionnelles cette semaine à l'occasion du premier Festival du Fringe de Paris !

Plus d'infos sur le Fringe

Pour qui ?
- Vos amis anglophones qui viennent ce week-end.
- Les fans d'impro, et de musicals, évidemment.


















Nuit d'ivresse


De qui ?

Josiane Balasko.
Mise en scène de Dominique Guillo.

                                                                                                                                               

De quoi ça parle ?
L'histoire d'une rencontre tardive et impromptue : un café minable, une taularde en permission, un présentateur télé, un barman décomplexé. Un cocktail détonnant pour une nuit blanche dont ils se souviendront... Ou pas, au réveil !


Et alors ?
Deux heures, deux actes, que l'on ne voit pas passer...
Les répliques fusent, font mouche, surtout par la fraîcheur de leur crédibilité et de leur simplicité.

On connait déjà Denis Maréchal et Elisabeth Buffet dans leurs rôles respectifs d'humoristes solo, mais leur duo impromptu fonctionne tout aussi bien, camouflés dans ces deux personnages terriblement attachants, à qui ils donnent de belles couleurs.
Simone, la blonde en permission, est particulièrement touchante : sa naïveté et sa sensibilité viennent chercher le spectateur, tout autant que ses irrésistibles mimiques alcoolisées.

Comme souvent dans les mises en scène de Dominique Guillo, le décor a une place à part. Dans le cas de "Nuit d'ivresse", il devient presque un quatrième personnage, témoin de cette relation étrange et imbibée entre les protagonistes, mais aussi une surprise en soi, fourmillant de détails et de nuances qui le rendent spectaculaire.

On sort de la pièce avec une envie de tendresse et de coupe de champagne à partager !


Pour qui ?
-La sortie idéale en amoureux. Mieux, un premier rendez-vous !
- Pourquoi pas, en famille ? (avec des ados, même).

















60 minutes avec Kheiron


De qui ?

de Kheiron.
                                                                                                                                                     

De quoi ça parle ?
Un seul en scène comme on les aime, avec une grosse part d'improvisation et d'interaction avec le public, dans une salle pleine à craquer (et même la salle en prend pour son grade, c'est dire).


Et alors ?
Des vannes qui fusent, et qui marquent, sans jamais tomber (trop) dans le graveleux, c'est ce que je retiendrais de ces soixante minutes avec Kheiron. Enfin, ça, et le sentiment, assez surprenant, de frustration, après la première demie heure, quand j'en viens à me dire "zut, on en est déjà à la moitié ? pourquoi ne fait-il pas un spectacle de deux heures" !

L'aisance de l'humoriste est telle, qu'on a presque envie d'être pris à parti, notamment parce que tout le monde s'en prend gentiment plein la poire, sans distinction de genre, race, classe sociale, ou marque de portable.
Le show est bon, de son introduction, chantée, à son final (que je ne vous spoilerais pas, mais qui rend l'artiste encore plus sympathique, si c'est possible : je fais ici référence aux saladiers où on nous demande de laisser nos emails... Un seul conseil : faites confiance !).

Si on ajoute à cela non pas une, mais deux excellentes premières parties (dont on a envie de voir plus, indubitablement), on obtient une soirée au top.


Pour qui ?
-De l'ado au quinqua !
-Les cacahuètophiles.