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Rechargé

De qui ?
de et avec Rachid Badouri.




















De quoi ça parle ?
Les tribulations d'un canadien d'origine marocaine venu conquérir la France.

Et alors ?
Confronter deux cultures c'est bien. En confronter trois, c'est encore mieux. Rachid Badouri vogue entre les trois facettes de sa vie, avec une belle autodérision et une grosse dose de tendresse.
Québec et Maroc, nous aurons deux accents pour le prix d'un !

Les études, les voyages, son père, sa femme, sa vision de Paris, une visite fortuite chez le naturopathe... Les anecdotes pleuvent et on y retrouve beaucoup de nous, notamment le public féminin qui saura rire de lui-même et de ses petits travers.

Soudain, la lumière change, l'artiste nous livre une nouvelle tranche de vie : une séquence émotion qui nous cueille, dans cet autre registre où Rachid Badouri donne à son public authenticité et intimité.

Le mot d'ordre de son show ? L'amour, sous toutes ses formes. On aime.


Pour qui ?
- Parfait en couple.
- Ou avec vos parents (marocains ou non).

Chapitre XIII

De qui ?
de Sébastien Azzopardi et Sacha Danino.




















De quoi ça parle ?
Un auteur part s'isoler dans un Monastère pour trouver l'inspiration et terminer son dernier roman, une fiction historique où les supplices médiévaux s'enchaînent. Et soudain, les religieux qui l'entourent se mettent à disparaître, assassinés froidement et mis en scène comme dans le livre que notre héros tente d'achever.

Et alors ?
Azzopardi et Danino : duo incontournable qui propose pour notre plus grand bonheur un théâtre immersif, en poussant toujours au maximum les possibilités que cela génère.
La Dame Blanche en était un parfait exemple, nous entraînant dans une histoire d'horreur dès le seuil de la salle de spectacle.

On retrouve de cette atmosphère extrême et réjouissante dans Chapitre XIII, où les codes du thriller et de l'épouvante sont au rendez-vous.

Un décor soigné, signature de la talentueuse Juliette Azzopardi, et des effets spéciaux magiques, comme on en voit peu au théâtre, nous éblouissent depuis notre fauteuil.
Le propos permet d'instaurer quelques artifices gores, sanglants, superbes de réalisme.

La mise en scène, outre ses tours de magie et litres d'hémoglobine, joue beaucoup sur la lumière, les effets de brume, les flashs stroboscopiques.
C'est un film sur scène, en 4D : les personnages apparaissent dans la fumée qui envahit toute la salle, les faisceaux d'une lampe torche nous déplacent dans une cave du Monastère, tous nos sens participent à ce divertissement.

Un bémol, à mon goût, avec l'histoire de cet auteur de romans, dont le fil regorge de trop de rebondissements : on se délecte plus de la forme que du fond.


Pour qui ?
- Pour un public averti et amateur de films d'horreur !
- Ceux qui ont une envie d'originalité et de frisson.



Parlons d'autre chose

De qui ?
de Leonore Confino.


De quoi ça parle ?
Ils sont 9, dans cette classe de Terminale L : huit filles, un garçon, groupe d'amis que lie une solide amitié, des points communs, des aspirations... et des secrets, comme le déroulé de la soirée du 2 mai 2018.

Et alors ?
Une plongée dans l'univers adolescent, avec 9 portraits, 9 êtres en devenir présentés et interprétés avec justesse.
On pourrait assister à une histoire vraie. Peut-être que des faits réels ont inspiré l'aventures de ces jeunes, d'ailleurs... On croit à leur récit à vif, à leurs maux, à leurs vannes, à leur communauté, parce qu'on y retrouve, au moins un peu, de nous.

Il y a dans ces personnages, l'ado qu'on a été, mais aussi des bribes du parent que l'on va peut-être devenir, ou des enfants que l'on pourrait avoir un jour.

Il y a les complexes, les questions, leurs réponses multiples.

Il y a huit femmes, huit futures femmes, avec leurs envies, leurs corps, des tours de tailles et de poitrines différents, des personnalités diverses, une presque totale mise à nu.

Toute cette réalité s'enveloppe d'un filtre théâtral, poétique, qui l'embellit : musique, lumières, choix de mise en scène avec un quatrième mur qui disparaît par intermittence.

On repart avec l'écho des ces voix, de ces visages, de ces interrogations qui ne se contentent pas que d'une réponse.

Pour qui ?
- Ados et adulescents




Dépendance affective

De qui ?
de et avec Tristan Lopin.



















De quoi ça parle ?
La bonne pote de Tristan, Anne, ne se remet pas de sa récente rupture... Alors que lui, c'est bon, il est over Clément, son dernier ex, et prêt à rencontrer le grand amour !

Et alors ?
Tristan Lopin, c'est votre bonne copine qui vous écoute parler de vos problèmes de mec en mangeant du Nutella. C'est celui qui vous rejoint quand vous avez besoin de quelqu'un pour un marathon Love Actually/Dirty Dancing. C'est votre compagnon de dance floor quand retentit un tube de Britney.

Le comédien créé d'emblée une atmosphère ultra conviviale dans son show, par son accueil décomplexé et le rideau qui s'ouvre sur un décor minimaliste et cosy comme un studio parisien. Son autodérision est contagieuse, ses descriptions proches du quotidien des trentenaires dont il s'amuse et fait en même temps partie, autour du thème universel de la recherche du grand amour.

Beaucoup de sincérité, un soupçon d'humour noir, une pointe de grivoiserie, l'heure en sa compagnie passe sans s'en rendre compte.
Une dose de bonne humeur !

Pour qui ?
- En couple, ou avec votre meilleure amie fraîchement célibataire, tout le monde s'y retrouvera !

Hard

De qui ?
librement inspiré de la série de Cathy Verney.


De quoi ça parle ?
Sophie vient de perdre son mari. Un moment douloureux, d'autant plus qu'elle découvre du même coup que Monsieur ne subvenait pas aux besoins de sa famille grâce à une société de transport, mais parce qu'il était producteur de films pornographiques.

Et alors ?
Une comédie réjouissante !

Une thématique rare et bien traitée, où l'on parle grivoiserie sans tomber dans la vulgarité.
Une distribution enjouée, équilibrée et conséquente de neuf comédiens.
Des costumes superbes et accessoires rigolos et efficaces.
Un rythme soutenu et un fil narratif que l'on suit avec plaisir.
Un vocabulaire fleuri qui nous fait sourire, et éviter de croiser le regard faussement gêné de nos voisins de fauteuils.

On retiendra tout particulièrement les interventions de Stephan Wojtowicz, en réalisateur de films X fort de 30 ans de carrière, et Nicole Croisille, belle-mère aux moeurs légères, inattendue dans ce registre éroticocasse.


Pour qui ?
- En couple, entre amis, de 18 ans et plus !


Radieuse vermine

De qui ?
de Philip Ridley.


De quoi ça parle ?
Fleur et Olive vivent le parfait amour depuis leur rencontre. Ils sont mariés, ils attendent leur premier enfant... Leur seul souci, c'est l'appartement où ils vivent, dans un quartier mal fréquenté. Quelle aubaine, lorsqu'on leur annonce qu'un nouveau programme de restructuration va leur permettre de remporter une grande maison à rénover !


Et alors ?
Un décor tout blanc, et des protagonistes qui entament leur récit en cassant le quatrième mur, voilà une entrée en la matière atypique ! Il n'en faut pas moins pour se laisser happer dans cet univers sombre, où l'humour noir règne en maître.

Imaginez plutôt : notre petit couple, pour rénover sa maison de rêves, se voit en plus offrir le moyen d'obtenir une pièce à vivre sortie tout droit des pages d'Elle Déco, ou la cuisine magnifique qu'ils n'auraient jamais pu s'offrir aux Galeries Lafayette. Ils sont prêts à tout... Pas vous ?

Un conte, donc, une satyre de la société de consommation qui veut toujours plus, plus beau, plus cher, plus clinquant. Qui se lasse au bout de quelques jours, parce que la mode a changé, parce que les voisins ont mieux, par ennui ou par jeu. C'est embêtant, parce qu'en dehors de cette addiction, on l'aime bien, ce petit couple ! Lui (Louis Bernard) avec sa dégaine de premier de la classe prêt à tout pour la combler, elle (Joséphine Berry), ravissante et pétillante.

Tout repose sur le jeu des comédiens, qui ne ménagent par leur peine, notamment à l'approche de l'épilogue où ils interprètent tour à tour Fleur, Olive et tous leurs voisins à l'occasion d'un fête.
Le duo principal déborde d'énergie et l'insuffle à la pièce. J'ai été moins convaincue par la troisième interprète, non pas pour son talent, mais pour son intervention sous les traits d'un vagabond dans la pièce, qui bascule dans le "trop absurde" à ce moment.


Pour qui ?
- Les fans d'humour noir et anglais.


Fashion Freak Show

De qui ?
de Jean-Paul Gaultier.



De quoi ça parle ?
Une création du designer de mode français, sous la forme d'un spectacle de deux heures, retraçant les temps forts de sa vie : un rêve d'enfant qu'il réalise et partage sur la scène des Folies Bergère.


Et alors ?
Entre show musical et défilé, cette revue surprend autant qu'elle embarque dans son univers décalé et glamour.

De son ours en peluche Nana, à ses dernières extravagances, on suit et explore le passé, les pensées, d'un des plus grands créateurs de notre époque: les souvenirs, les moments marquants, les influences... L'amour de sa vie et sa quête de liberté et de beautés sous toutes ses formes.

Les corsets coniques et les marinières, le style rock made in UK, le genre plus glam des paillettes, tout se rencontre dans un spectacle dansé et chanté sous forme de tableaux.
Evidemment, les costumes dépassent l'imagination, nombreux, variés, vitrines de l'artiste que le monde connaît notamment pour son côté avant-gardiste et excentrique.

Le décor, de gigantesques écrans mouvants qui encadrent la scène, permettent jeux de lumière et projections comme le public a rarement l'occasion d'en voir : les éléments interagissent, se complètent, dans un esthétisme ultime et exacerbé.

Le temps file autour de ces tableaux, rythmés par une bande-son très 80's, des chorégraphies millimétrées et charnelles, et des vidéos auxquelles de nombreuses célébrités, amies du styliste, se sont prêtées.

Un spectacle unique, dans l'écrin des Folies Bergère.


Pour qui ?
- Les adeptes de mode, et ceux qui n'y connaissent rien.
- Ceux qui ont soif d'une gorgée de liberté et d'inspiration.
- En couple.

12 Hommes en colère

De qui ?
d'après Reginald Rose, adaptation de Francis Lombrail.


De quoi ça parle ?
Un groupe de jurés se réunit pour établir le verdict d'un procès pour meurtre. Il y a peu de suspens, car chacun semble convaincu de la culpabilité du jeune de 16 ans qui a assassiné son père. Mais au moment du vote "unanime", un homme pose le doute. S'ouvre un débat passionné entre les 12 protagonistes.


Et alors ?
Une pièce humaine, et captivante de bout en bout.

12 hommes, 12 comédiens, 12 voix justes qui s'élèvent pour donner leur avis, leurs points de vue, une simple remarque. On est d'abord un peu impressionné par cette distribution qui se dévoile, face à nous, sur toute la longueur de la scène de l'Hébertot : leurs costumes semblent les placer quelques décennies en arrière...

Mais si leurs tenues datent d'hier, leur discours est bien d'aujourd'hui. L'injustice, les préjugés, sont passés au crible, et le combat d'un homme devient celui d'un groupe pour empêcher la mort d'un innocent.

Le décor est très sobre, et la lumière subtile, nimbant juste ces personnalités pour mettre à l'honneur un texte et un jeu qui vous emporte, sans temps mort, durant 1h20.

Un succès mérité.


Pour qui ?
- Les amoureux de justice.
- Les amateurs de "pièces chorale".

Misery

De qui ?
d'après Stephen King.



De quoi ça parle ?
L'auteur Paul Sheldon a de la chance : alors qu'il vient d'avoir un terrible accident de voiture, sa fan numéro 1 lui sauve la vie et le ramène chez elle pour qu'il retrouve des forces. Jusqu'à ce qu'elle découvre que son écrivain préféré a écrit le dernier tome de son roman fétiche, Misery.


Et alors ?
Fan inconditionnelle de King, je me rue dès que possible sur les adaptations de ses oeuvres (pensée émue pour le musical tiré de Carrie...!).

Myriam Boyer est parfaite en Annie Wilkes, digne héritière de Kathy Bates pour ce personnage doucereux et inquiétant.

Sa maison, décor d'un huis-clos dérangeant entre les deux protagonistes, propose une scénographie sobre et astucieuse qui sert l'histoire : un jeu d'écrans invite au voyeurisme et à la promiscuité, comme la prison dans laquelle Paul Sheldon est devenu le pantin de sa plus grande admiratrice.

Ce duo s'affronte sur les thématiques présentes dans le livre original, la création littéraire et et le fanatisme. Et le nom du livre qui les unit, Misery, résonne comme un destin commun à ces deux êtres, chacun torturant l'autre comme il peut.

Un seul bémol, l'épilogue, qui tranche avec le ton de la pièce de manière trop brusque et nous laisse... sur notre fin.


Pour qui ?
- Ceux qui méconnaissent Stephen King, pour cette entrée en matière troublante.
- Ses fans ne manqueront pas cette adaptation et cette nouvelle Annie pleine de justesse

Mec !

De qui ?
textes d'Allain Leprest.



De quoi ça parle ?
Poésie, concert, slam peut-être ? Une lecture de quelques textes du regretté Allain Leprest, par Philippe Torreton.


Et alors ?
C'est un moment de poésie sans chichis, un concert sans mélodie, une parenthèse en souvenir d'un des plus grands paroliers français.

Philippe Torreton, accompagné d'Aristide Rosier au clavier, et Richard Kolinka aux percussions, revisite des chansons narrées comme des poèmes.

Les mots d'Allain Leprest, qui nous a quitté il y a sept ans, bouleversent, transpercent, sonnent juste, génèrent les sourires et les larmes.
L'interprétation intense du comédien nous les fait entendre et écouter, habillés sans excès par un fond musical qui leur sied à merveille.
Le talent des quatre artistes, ces deux musiciens, ce comédien et cet auteur réunis, parcourt la salle silencieuse d'un frisson unanime.

On nous raconte l'amour, la peine, la mort, la mer, avec cette plume quelque part entre Hugo et Renaud, des tournures de phrases que l'on voudrait retenir du premier coup par cœur,

Le décor pourrait être vide, noir, mais le trio emprunte ici le salon du spectacle Le Prénom, qui se joue également au Théâtre Edouard VII, et ajoute un côté convivial et intimiste à la performance.


Un très bel hommage à un artiste injustement méconnu, à découvrir rapidement : les représentations sont prévues jusqu'au 21 octobre.


Pour qui ?
- Les amateurs de poésie ou de slam
- Les étudiants en lettres ou en musique

L'ordre des choses

De qui ?
pièce de Marc Fayet, mise en scène de Richard Berry.




















De quoi ça parle ?
La différence d'âge n'a jamais empêché les Hubert de s'aimer... mais leur couple est mis à mal quand débarque Thomas, qui prétend être le fils de Bernard et qui a l'âge de Juliette !

Et alors ?
Une thématique amusante, un divertissement sans prétention, voilà le programme annoncé et le contrat est rempli.

Les scènes, découpées de façon très théâtrales, invitent le spectateur dans une situation improbable et les quiproquos propres au théâtre de boulevard.

On sourit du texte, mais c'est l'interprétation qui, surtout, fait son petit effet : Pascale Louange, la ravissante jeune épouse qui ne se laissera pas marcher sur les pieds, Vincent Desagnat en élément perturbateur, font face à Gérard Darmon, brillant dans ce rôle de mari plain de tendresse et de mauvais foi.

On remarquera une bande-son très rock, et un décor sublime et massif, réalisation de Philippe Chiffre, fourmillant de détails pour un loft tendance où l'on aimerait bien habiter.

Un bon moment.


Pour qui ?
- En couple, avec ou sans différence d'âge


Pourvu qu'il soit heureux

De qui ?
de Laurent Ruquier.


De quoi ça parle ?
Un couple en vacances découvre, à la Une d'un magazine people, l'homosexualité de leur fils unique.

Et alors ?


Une comédie de moeurs qui s'attache à dénoncer l'homophobie et les clichés qui en découlent.
Francis Huster, en père de famille choqué, donne la réplique à Fanny Cottençon, épouse coquette et sensible.
Tous deux s'interrogent sur leur implication dans l'orientation de leur grand garçon, ce qu'ils ont fait ou négligé durant son enfance, et comment réagir face à cette découverte.

Dans un décor soigné et détaillé, la pièce se déroule en 3 actes.
Les deux premiers tendant à développer la réaction du père puis de la mère, avec enfin la confrontation avec l'intéressé, qui exposera avec une belle assurance sa vision des choses et son combat contre les idées reçues et l'intolérance.

On rit, de cette grivoiserie qui parvient à ne pas tomber dans la vulgarité.
Les répliques amusent, tout comme la situation, avec cependant un manque de fond et d'épilogue sur un sujet qui mériterait peut-être un peu plus de profondeur et moins de clichés.

On gardera de ce moment de la bonne humeur, et une excellente impression sur Louis Le Barazer, le comédien incarnant le fils, au jeu et au physique séduisants.


Pour qui ?
- En famille !


Plaidoiries

De qui ?
une mise en scène d'Eric Theobald.


De quoi ça parle ?
Cinq plaidoiries, cinq avocats, cinq cas qui ont marqué l'Histoire de notre pays sur tous les plans.

Et alors ?
Une interprétation magistrale de Richard Berry, sur ces textes qui dépassent le cadre juridique duquel ils émanent.

L'écriture de ces plaidoiries nous transperce, qu'elles datent d'il y a 10 ou 40 ans, tout autant que les verdicts que la mise en scène fait apparaître sur un écran géant en fond de scène. Sentences que le recul nous rend encore plus amères.

La justice, l'injustice, des destins tragiques, voilà de quoi il est question dans ces cinq moments de vérité : avortement, infanticide, non assistance à personnes à danger, crime contre l'humanité, peine de mort.
Sur le bord de notre siège nous assistons à la métamorphose et à la performance d'un comédien, incarnant avec une classe incomparable, ces hommes de droit.

Berry disparaît sous ces discours poignants : sa voix change, sa posture, son intensité, et enfin lorsqu'il défend le droit à l'avortement, on le voit femme... Une leçon de théâtre.


Pour qui ?
- Les passionnés d'affaires judiciaires
- Les aspirants comédiens
- En solo, c'est encore mieux.

Ca fait du bien

De qui ?
de et avec Nadia Roz.



De quoi ça parle ?
Nadia se fait des films, en permanence et nous invite dans le cinéma de sa tête, un multiplex où tout est permis.

Et alors ?
Une bouffée d'air frais, avec cette artiste aux multiples talents qui nous embarque dans son univers loufoque et girly.

Elle amuse, elle chante, elle danse, elle raconte, dans ce spectacle très bien écrit, la plume pleine d'autodérision, de tendresse, et de bons mots.
Le rythme est effréné, sans temps mort.
Les thématiques, pourtant vu et revues, prennent une autre tournure : la maternité, la séduction, l'enfance...

Une belle aisance, une répartie séduisante et quelques parenthèses avec un vrai message, font de ce spectacle un moment à part, plus qu'un show de stand-up traditionnel.
On peut y être surpris par la technique vocale de la pétillante brunette, comme par un instant de poésie impromptu et percutant, alors qu'elle slame.

J'ai bien envie de finir en vous promettant que "ça fait du bien" pour de vrai et que pour 1h10, vous verrez la vie en Roz. Par contre, dépêchez-vous, ce sont les dernières dates parisiennes...

Pour qui ?
- Entre copines, sans hésitation.
- Avec votre Maman, aussi, ça se tente !


Chicago

De qui ?
Bob Fosse et Fred Ebb.


De quoi ça parle ?
Le jour où son amant la quitte, Roxie ne l'entend pas ainsi et règle le problème à coups de revolver. Hors, dans le Chicago des années 20, les jolies tueuses repenties deviennent les vedettes de journaux. La belle blonde est prête à tous les stratagèmes pour gagner, via les medias, sa liberté et la préférence du public face à sa rivale, la redoutable Velma Kelly.

Et alors ?
Qu'on se le dise, à Mogador, "Il faut que ça jazz", et ça n'y manque pas.

Une très belle réussite, avec un premier tableau qui swingue et accroche tout de suite : des voix sublimes, des harmonies superbes, et des danseurs sensuels qui forment un ensemble enchanteur.

L'orchestre, présent directement sur scène, a une double fonction, puisque dans cette scénographie épurée et minimaliste, c'est aussi un élément de décor. Les costumes aussi étonnent, tenues de représentations, nous évoquant le côté irréaliste de l'action, de ses personnages : on est au spectacle, dans leur réalité aussi.

La mise en scène est ici, comme c'est l'habitude à Mogador, identique à la production jouée actuellement sur Broadway (et où il fait partie des records de longévité, pas mal !).
La version française a juste traduit le livret et les chansons (avec brio, par Nicolas Engel qui avait déjà signé les adaptations du Fantôme et de Grease), et point positif, la salle est équipée d'un surtitrage pour que nos amis anglophones puissent aussi profiter de cette production parisienne.

On évitera simplement d'y venir avec de trop jeunes enfants, les thématiques un peu grivoises étant omniprésentes tout au long des tableaux (et servies par de bien séduisantes danseuses).

Les personnages, avec peu de scènes de jeu, disent tout en musique, avec d'inoubliables chorégraphies et des interprétations réjouissantes, en particulier celle de Carien Keizer qui prête ses traits à Roxie : la comédienne a déjà endossé ce rôle dans la version allemande du musical, et on sent toute l'étendue de son talent dans ce personnage qu'elle connaît par coeur.

On comprend aisément, avec tous ces ingrédients, comment ce show est devenu un classique dans le monde entier : Paris ne sera pas en reste !


Pour qui ?
- Les amateurs de chorégraphies millimétrées.
- En couple, pourquoi pas ?


Viens on se marre

De qui ?
De et avec Jeremy Lorca.

















De quoi ça parle ?
Constat sur sa vie : Jeremy dévoile tout, ses peines de coeur, le coeur de ses peines, et son avis sur pas mal d'autres choses.

Et alors ?
Un humoriste plein de fraîcheur, autant que de chaleur, grâce à son franc-parler, qu'on ne recommandera pas aux oreilles sensibles.

Pour les autres, n'hésitez pas, on se régale de l'authenticité du comédien, qui évoquera en un peu plus d'une heure ses visites chez la psy, son désir de paternité, sa première sodomie, son opinion sur le féminisme et le terrorisme, le tout avec un sourire désarmant.

J'ai particulièrement aimé, en plus de cette mise à nu, les constats à la fois simples et loufoques qu'il fait sur les situations quotidiennes, parsemés de petits jeux de mots, et d'humilité. On se sent proche de lui, sans pour autant partager toutes ses idées, parce qu'on apprécie la façon dont il les expose.
L'ambiance dans la salle en devient conviviale en un instant, riant de tout, de l'artiste, sans doute parce qu'on se retrouve un peu en lui.


Pour qui ?
- Un show gay-friendly. Mais pas que.

Debout Paris



Un festival de stand-ups, sur les quais de scène, dans des lieux sublimes ?

C'est le cadeau de rentrée des organisatrices, Jessie Varin et Shirley Souagnon, à se partager entre le 14 et le 16 septembre.

Debout Paris regroupe des manifestations sur trois péniches : la Nouvelle Seine, le Flow et le Jardin Sauvage, avec pas moins de 50 artistes à bord pour quitter l'été du bon pied.

La soirée d'inauguration, avec notamment la participation de la Troupe du Jamel Comedy Club, a été un superbe coup d'envoi.

Ce sont donc 6 humoristes qui ont enflammé la scène du Flow, une toute nouvelle péniche ouverte depuis 2016, avec chacun un univers à défendre : Paul Séré, Pierre Thévenoux, Laurie Péret, Djimo, Ines Reg, Geremy Credeville.





De bien belles découvertes, avec ces artistes qui nous ont donné de voir leur propre spectacle, cette péniche où on reviendra chiller entre amis, et ce Festival qui réserve bien d'autres surprises, comme la soirée "Dans le Noir" ou le Gala de clôture, prévus dimanche. Une bonne idée pour finir le week-end !


BaladEnigm

Vu, Lu, Entendu... et Testé : 

Une nouvelle façon de se promener


Parfois le dimanche, on se ferait bien une ballade.

Et maintenant, on peut, en plus, la rendre ludique, pédagogique et insolite.

(Re)découvrez des quartiers de Paris sous un œil nouveau, en mêlant promenade et jeux, c’est ce que vous propose BaladEnigm.

Vous téléchargez depuis leur site votre balade, ce qui vous permet une totale autonomie sur les modalités de la promenade : vous pouvez décidez de la date et de l’heure à la dernière minute (pratique pour s’adapter à la météo), le nombre de joueurs (idéalement de 2 à 4, mais vous pouvez être jusqu’à 6).

Le jeu s’articule en fait autour de plusieurs « mini épreuves » : des objets à trouver, des signes à retrouver dans le paysage intitulé le "chemin faisant", et un petit livret à lire et compléter au fur et à mesure. Une carte vous aiguille tout au long du parcours, pour ne pas manquer l’un des points d’intérêts du site où vous aurez choisi de vous amuser.

Adapté aux plus jeunes, ce concept sied à un après-midi en famille (n’oubliez pas les crayons de couleur pour que les enfants puissent se prendre totalement au jeu sur les différentes épreuves).
Pour mon propre test, pour lequel nous avions choisi le Parc de la Villette, nous étions 4 adultes, amateurs de jeux de piste, et nous avons opté pour notre « propre version » de cette animation, en ne suivant que le parcours « recherche d’objets et photos », et nous avons passé un très bon moment.





Petit conseil, même si cela parait moins écolo : imprimer le livret vous permettra de prendre en main le parcours, mieux l’appréhender et visualiser à plusieurs et simultanément votre itinéraire et les différentes missions à accomplir. On se passe pour 2 ou 3 heures de technologie… hormis pour la prise d’une photo souvenir !


BaladEnigm dispose déjà de plusieurs parcours en région parisienne, bien sûr, mais se développe rapidement et peut déjà offrir aux groupes de Marseille, Lille, Bordeaux et Lyon, une aventure ludique. Vous aurez également le choix de commander un seul carnet promenade, ou un forfait pour plusieurs, plus économique. Bonne promenade !

Vous avez dit Broadway ?

De qui ?
De et avec Antoine Guillaume.



De quoi ça parle ?
Un passionné de musicals revient sur sa découverte des plus grands classiques du genre, depuis son coup de coeur, à 17 ans, jusqu'à ses voyages à Londres et New York à s'interroger sur les origines des spectacles musicaux.

Et alors ?
La lecture du pitch a suffi à me tenter, et je n'ai pas été déçue.

Un spectacle sur les spectacles, intimiste, authentique, instructif sans devenir un cours magistral.
Antoine Guillaume nous murmure sa propre vie, et ses recherches sur la naissance de la comédie musicale, univers qu'il a découvert vers la fin de l'adolescence et ne l'a pas quitté depuis.
On sent cette passion, l'émotion qu'il a de nous la raconter et de nous la chanter.
Les extraits musicaux qu'il interprète, accompagné au piano de Julie Delbart, illustrent le propos, et dévoilent la palette vocale très agréable de l'artiste.

On peut ne pas être en accord avec tout ce que Monsieur Guillaume nous y dit, notamment sur la qualité des shows français, certes inégale mais où tout n'est pas oubliable...

On aurait aimé encore plus d'anecdotes sur le genre, et encore plus de ces échantillons de chansons, car on s'amuse de ce mini blind-test où les plus grands airs sont entonnés.
Et on devine le plaisir du comédien/chanteur à se glisser dans la peau de ces personnages de spectacles, car qui d'autre peut se targuer d'incarner tour à tour Tony, le fantôme de l'Opéra, Danny Zuko, et Glinda ?

A l'aube de l'automne, tandis que l'on se demande quel sera le spectacle musical de la rentrée, cette parenthèse sur le genre est en tous cas à s'offrir.


Pour qui ?
- Evidemment, les fans de musicals, qui se retrouveront dans ce narrateur passionné.
- Ceux qui ont des idées préconçues sur ce genre y apprendront beaucoup.

L'été théâtral à Paris ?


La période estivale n’est pas celle où l’on se rue le plus au théâtre…

Les spectateurs peuvent varier les plaisirs avec l’une des nombreuses manifestations proposant des spectacles de rues, mais Paris n’est pas en reste avec quelques irréductibles pièces qui se jouent pendant l’été.

Mes coups de cœur de cette fin de saison restent LES CRAPAUDS FOUS et COMEDIENS, respectivement joués au Théâtre des Béliers Parisiens et au Théâtre de la Huchette jusqu’à la fin du mois d’août. Chacun dans son style, vaut le détour, avec de belles émotions au rendez-vous.

Pour un moment plus léger, de divertissement pur, on préférera des comédies qui reprennent :
LE GROS DIAMANT DU PRINCE LUDWIG (au Palace), MON MEILLEUR COPAIN (Théâtre Michel) ou encore UNE SEMAINE PAS PLUS (Splendid), se dégustent jusqu’à la rentrée.





Trophées de la comédie musicale - Edition 2018

La semaine dernière se tenait la deuxième édition des TROPHEES DE LA COMEDIE MUSICALE, projet que nous soutenons avec ferveur depuis l'année dernière.




L'association a souhaité et réussi cette année à rendre l'évènement plus officiel et plus prestigieux, avec une véritable cérémonie, qui se tenait au sein du Théâtre des Nouveautés.
La remise en prix et le show, avec en maîtres de cérémonie, les artistes Prisca Demarez et David Alexis, a été riche en émotions et en rebondissements.


Les temps forts que je retiens de cette soirée ?


  • La victoire, ô combien méritée, de 5 trophées pour l'excellent COMEDIENS qui jouera tout l'été au Théâtre de la Huchette. Si ce n'est déjà fait, il faut courir découvrir ce vaudeville musical et l'incroyable Marion Préïté, qui remporte notamment le prix de la Révélation féminine de l'année.



  • L'émotion sincère de l'équipe de Tom Sawyer, qui remporte le trophée du meilleur spectacle jeune public, et celui très convoité du "prix du public".



  • La montée sur scène du comédien Alexandre Faitrouni, gagnant du "meilleur second rôle masculin", toujours aussi talentueux et pétillant, dans ses personnages comme au naturel.



  • La participation musicale de Christine Bonnard et Alexandre Bonstein, invités à eux aussi remettre un trophée et qui nous ont régalé d'une chanson hommage à plusieurs comédies musicales.






Le spectacle musical français brille de par les talents de ses artistes, et de par sa diversité, des grandes adaptations de shows anglo-saxons, aux pièces plus confidentielles qui offrent d'excellentes surprises aux spectateurs curieux. 


Nous félicitons tous les lauréats, mais aussi les organisateurs pour cette belle édition qui laisse entrevoir de belles promesses pour les années à venir.





Les crapauds fous

De qui ?
texte et mise en scène de Melody Mourrey


















De quoi ça parle ?
Un vieux médecin à la retraite reçoit la visite d'une jeune étudiante qui s'interroge sur le passé de son grand-père, originaire de Pologne, et sur ses agissements durant la seconde guerre mondiale.

Et alors ?
Quand on passe une journée harassante, dans le stress et la fatigue, et qu'on finit par s'asseoir dans la pénombre d'une salle de théâtre, c'est quitte ou double. Le spectacle peut vous plomber... ou vous faire sortir de votre morosité en quelques secondes.

Ici, la magie opère, instantanément, avec un début musical festif, et une entrée en matière cinématographique, comme le sera d'ailleurs toute la mise en scène de cette pièce historique délicieuse.

Le personnage de Stan, à la fois protagoniste et narrateur, nous entraine dans le récit de cet improbable sauvetage, où lui et son ami, le médecin Eugene Lazowski, réussirent à sauver plusieurs centaines d'habitants de leur petit village des nazis, en simulant une contagion massive par le virus du typhus.

La distribution, nombreuse et juste, jongle avec une vingtaine de personnages avec une énergie communicative et une touchante alchimie.

Le texte tant que la scénographie sont brillants, captivants, rendant justice à l'adaptation de cette histoire inspirée de faits réels, nous faisant voyager entre présent et passé.
Ponctué de beaucoup de tendresse et de psychologie, mais aussi de brins d'humour, le spectacle se déguste sans que l'on voit le temps filer, jusqu'à son bien bel épilogue.



Pour qui ?
En famille, entre amis, en couple.
- Les férus d'histoires et d'Histoire.

Speakeasy

De qui ?
Compagnie The Rat Pack















De quoi ça parle ?
Un bar clandestin, aux Etats-Unis, où règnent les tensions, et six personnages au caractère différent, qui vont se rencontrer, s'unir ou s'affronter.

Et alors ?
Atypique.
Esthétique.
Divertissant.

Voilà trois mots qui vont comme des gants à ce spectacle, recette qui mêle une musique hétéroclite, des artistes et acrobates mettant en avant différents disciplines (mât, cerceau aérien...), mais aussi chant, danse, ombres... dans un décor sobre qui prête à ces fantaisies et un jeu de lumières qui les magnifient.

La particularité du show, en dehors de ses éléments de cirque contemporain, est d'être entièrement muet, en dehors des onomatopées des protagonistes, et de leurs grimaces qui aident à suivre le fil narratif des sentiments qui les animent.

Une exception, la sexy blonde Clara Huet, qui lorsqu'elle ne vole pas dans son cerceau à plusieurs mètres au dessus du sol, bouleverse l'assistance en interprétant deux morceaux, qui ouvrent et ferment cette parenthèse circassienne en mode "film noir".


Pour qui ?
En famille, par exemple.
- Pour un public non francophone, c'est idéal.

Soirée Cabaret : le Divan du Monde et Madame Arthur

Cette semaine avait lieu la soirée de Gala organisée par les deux établissements, fusionnés en un : le Divan du Monde et Madame Arthur proposent, en plein coeur du 18ème, la "French Collection".




Au programme : un spectacle, un blind test, un autre spectacle, et enfin une ambiance club jusqu'au bout de la nuit. Un seul mot d'ordre : le tout en VF.
Amateurs de variétés, vous serez aux anges. On déguste ici Céline Dion, Téléphone, et du champagne, dans un cadre atypique. La façade rouge et classique dissimule en effet une salle de spectacles, spacieuse et aérée avec un étage et deux espaces bars, ainsi qu'une salle plus feutrée et intimiste, aux dorures qui vous feront remonter le temps.



Le show est assez surprenant, drôle, décalé, mais surtout offre de sympathiques reprises interprétées par la troupe de Madame Arthur. Chanteuses/travesties au look extravagant et à la voix étonnante, accompagnées d'un pianiste talentueux, autour de tubes variés : de Barbara à Lorie, de M à l'opéra Carmen, le répertoire est à l'instar des tenues de ces créatures de la nuit, inattendu.



La partie Blind test aussi a de quoi vous divertir : loin des soirées apéros entre amis, on assiste ici à une compétition de haut niveau, avec des habitués qui n'ont besoin que d'une demie seconde pour identifier un tube de Julien Clerc ou d'Anaïs.


Un lieu, et un concept, à découvrir pour une soirée festive, en dehors des sentiers battus.




Game of Thrones - Visite de l'Exposition

Summer is coming !

En général, c'est synonyme de soirées du lundi entre potes pour découvrir le nouvel épisode de votre série préférée, Game of Thrones. Pas cette année, car l'ultime saison ne sera diffusée quand 2019...
Rassurez-vous, vous pouvez toujours satisfaire votre passion, avec un joli palliatif offert par HBO, l'exposition officielle de la série culte qui débarque sur Paris du 1er juin au 2 septembre.



J'ai eu la chance de découvrir cette expo, la veille de son ouverture, avec quelques journalistes et rédacteurs de blogs triés sur le volet.



Une visite sur laquelle vous pourrez prendre votre temps pour découvrir les quelques 2000 m² d'objets, accessoires, costumes ramenés directement des plateaux de tournage.
Les pièces présentées, vous dévoileront ainsi, en vrai, de près, le soin apporté au détail des équipes
travaillant dans l'ombre sur le show.





Vous retrouverez les tenues portées par votre personnage favori, et revivrez les moments cruciaux de "GOT", de Dorne à Castle Black, comme si vous y étiez, dans une mise en scène, en lumières et en musique qui vous replongeront au coeur des épisodes les plus inoubliables.

Entre deux anecdotes narrées par votre audioguide, faites un arrêt : de petites activités, clins d'oeil à ces moments cultes de la saga, et des fonds vous permettant de faire des photos souvenirs, se trouvent le long du parcours.

Enfin, une boutique souvenir termine votre visite, avec des goodies exclusifs, et la possibilité bien sûr de faire une photographie sur le fameux trône de fer.

Le succès annoncé de l'exposition m'incite à vous conseiller la réservation de billets coupe-file, disponibles ici.

En plus, tous vos amis vont y aller, et vous ne voulez pas être en reste et qu'on vous répète que tel Jon Snow, vous ne savez rien... 




Miss Nina Simone

De qui ?
D'après le roman de Gilles Leroy.





















De quoi ça parle ?
Au travers du regard de son homme à tout faire, nous découvrons l'artiste Nina Simone à la vie, celle d'une femme au destin hors du commun, seule, bipolaire, alcoolique, combative et attachante.

Et alors ?
L'ambiance parait curieusement intimiste dès la première scène, avec sa lumière tamisée, sa musique feutrée, son pianiste discret, et ses deux personnages qui s'apprivoisent.

La mise en scène, signée Anne Bouvier, efficace et sobre, s'oriente autour de quelques accessoires, vêtements qui évoquent le luxe et la richesse du milieu.

La relation des protagonistes, toute en pudeur et en tendresse, nous gagne peu à peu, prétexte au récit de l'enfance et des douleurs de Miss Simone, que l'on découvre au fil de ce biopic théâtral magnifiquement interprété.

Valentin de Carbonnières, le sublime Dorian Gray de Thomas le Douarec, arbore ici une imposante moustache qui fait oublier son physique de jeune premier, mais pas sa formidable présence scénique et son jeu remarquable.

Face à lui, Jina Djemba, charismatique et gracieuse, porte le masque d'une chanteuse à qui elle n'a rien à envier : sa voix est envoûtante, donnant tout son impact à cette parenthèse musicale, qu'on savoure et qui passe comme un rêve.




Pour qui ?
Les amateurs de voix exceptionnelles
- Les fans de biopic

The French language explained by an American

De qui ?
de Sebastien Marx.





















De quoi ça parle ?
Et si un new yorkais, débarqué sur Paris il y a quelques années, vous aidait à comprendre la langue de Molière ? Pas apprendre, comprendre... And that's a big difference !

Et alors ?
Gros coup de coeur pour cet artiste et le thème de son spectacle : une bonne dose d'auto-dérision sera nécessaire à tous les frenchies qui voudront le découvrir, et surtout y emmener leurs amis/conjoints anglosaxons ou américains.
Tout y passe : la prononciation, les mots à la signification étrange, les expressions courantes...

Sebastien Marx agite les mots avec aisance, avec rythme, avec brio.

De quoi donner envie de se rendre à son autre show, en français cette fois-ci. Why not ?

Pour qui ?
-Vos amis anglophones en visite
- Les couples “mixtes” (français + autre nationalité), vous passerez une soirée au top !

Chance

De qui ?
de Hervé Devolder.





















De quoi ça parle ?
Un cabinet d'avocats où tout se déroule comme d'habitude, à l'exception de l'arrivée d'une stagiaire, puis du coursier qui, en même temps qu'il dépose un pli, propose à toute l'équipe de jouer au loto. Et s'ils gagnaient 99 millions d'euros ?

Et alors ?
Un spectacle devenu culte, et que je découvrais pour la première fois : une jolie surprise !

L'univers musical de Monsieur Devolder a déjà fait ses preuves de nombreuses fois, Chance n'étant pas une exception. Des paroles drôles, des mélodies entêtantes... Si vous ajoutez à cela une scénographie colorée, des histoires d'amour, et le fait que tout le texte du spectacle est intégralement chanté, on est proche des codes de Jacques Demy, modernisés dans cette réalité 90's et sa galerie de personnages cocasses.

On retrouve tout un tas de références à des classiques du musical, on admire aussi ce décor plein de détails, et de réalisme, cassé par le jeu de lumières très kitsch ou les clins d'oeil visant à casser le quatrième mur.

Sur scène, des interprètes aux voix agréables : on retiendra surtout les graves impressionnants de Franck Vincent, dans le rôle du patron, et on était ravi de revoir la douce Rachel Pignot, qu'on avait adoré la saison dernière dans Naturellement belle.

Pour qui ?
- Une super idée de sortie avec vos collègues.
- Les fans de musicals, absolument.

Menteur

De qui ?
François Martinez.


























De quoi ça parle ?
François Martinez n'est pas son vrai nom, mais son producteur a jugé que le public français serait moins intimidé par ce pseudonyme pour venir découvrir les premières dates parisiennes de la star USA de la magie, Douglas “Douguy” Wincester. C'est en tous cas ainsi que se présente l'artiste. A moins que tout soit dans le titre.

Et alors ?
Il est doué, il est drôle, et il dirige son spectacle de bout en bout dans la bonne direction, avec comme les sportifs de haut niveau, une impression d'aisance hors du commun. Showman possédant un bon sens de la répartie, il déballe ses tours, très différents les uns des autres, avec un rythme et un fil conducteur qu'on ne lâche plus, un côté “geek” sous-jacent,  et une sympathie et une authenticité évidentes.

J'ai particulièrement aimé la modernité de ses illusions, en particulier le “truc du Coca-Cola”, un double-tour enthousiasmant.

On sort de la salle avec la conviction que la magie a opéré...
L'amie que j'emmène ce soir là, bluffée par l'artiste, me glissera même à la fin du spectacle “et en plus il est bel homme”.

A découvrir donc, rapidement, jusqu'au 30 mai sur Paris et au Festival d'Avignon en juillet.

Pour qui ?
- Idéal en famille.

Exposition Game of Throne - Annonce


L'été qui approche est normalement synonyme de “nouvelle saison de Game Of Thrones”, LA série que vous regardez aux premières heures du matin le lundi pour éviter le spoil en allant juste chercher votre café long à la cafét'...

En attendant la suite (et fin) des aventures de Jon Snow, qui se prépare pour l'été prochain où il saura peut-être enfin quelque chose (et nous aussi), la bonne nouvelle, c'est une expo qui débute dans un mois tout pile et qui se tiendra à la Porte de Versailles.

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Des décors, des costumes, des accessoires, un moment royal pour tout fan de la saga de G. R. Martin, en partenariat avec HBO... 2000m² de découverte !

L'exposition ouvrira le 1er septembre, jusqu'au 2 juin, et on ne peut que trop vous conseiller de vous munir de billets coupe-file disponibles ici.


Il ne reste plus qu'à se décider, on y va entre potes, ou est-ce plutôt une sortie frère et soeur ?



Le Double Fond fête ses 30 ans !


Se balader dans Paris, le soir. Les ruelles d'avril y ont une atmosphère bien à elles, caractéristiques, avec dans l'air des effluves de tiédeur, de nourritures apétissantes, et la moindre terrasse est une invitation.

L'une de ces terrasses, place du Marché Sainte Catherine, a plus d'un tour dans sa devanture : le  Double-fond, qui fêtait le mois dernier ses 30 printemps est, plus qu'un bar parisien charmant, un café-théâtre réservé aux magiciens. On déguste quelques cacahuètes, un kir et un tour de cartes dans une ambiance détendue, avant de se rendre dans la salle, au sous-sol, toute en intimité et en mystère, où le vrai show peut avoir lieu.




Une troupe d'artistes alternent pour vous permettre la surprise à chaque visite : pour ma part, c'est Philippe de Pethuis que j'y découvre, mentaliste à l'univers un peu fou, pour unspectacle où la convivialité s'instaure dès l'apparition du maître de cérémonie.

Une adresse à tester et à recommander.


Ma grand-mère vous adore !

De qui ?
Raphaël Mezrahi.
















De quoi ça parle ?
Un jour dans un supermarché, une jeune et jolie jeune fille a reconnu Raphaël Mezrahi et lui a déclaré la flamme de sa grand-mère. Voilà.

Et alors ?
Plus on voit Raphaël Mezrahi, et plus on se demande à quel point il est similaire dans la vraie vie à son alter ego, Hugues Delatte, l'hilarant faux journaliste coupable de tant de sublimes interviews de stars.

Son dernier spectacle, sans réel fil conducteur, est une évocation de sa carrière, de sa méthode de travail et des anecdotes, racontées ou projetées, de sketchs inédits qu'il a tourné avec ses équipes durant leurs années de collaboration. Un univers barré, mais plein de tendresse, de nostalgie et d'authenticité.

Quelques petites longueurs peut-être, tout au long du show, mais l'attachant maître de cérémonie nous divulgue quelques images de son histoire, et l'on reste curieux de découvrir dans quoi il va encore nous embarquer.

Le cadre, magnifique salle de théâtre du Musée Grévin, ajoute à la bonne ambiance de la soirée.


Pour qui ?
- Les amateurs d'ovnis humoristiques.


Sensiblement viril

De qui ?
Alex Ramires.














De quoi ça parle ?
Sensiblement viril, c'est l'histoire vraie (ou en tous cas, vraisemblable) d'Alex, 28 ans, parisien, qui à cheval sur plusieurs cases, redéfinit leur inutilité avec un humour décapant.

Et alors ?
Un seul-en-scène pétillant, un interprète qui ne l'est pas moins.
Au-delà d'une thématique "contre les étiquettes de la société", on aborde les paradoxes, ceux que l'on créé, ceux que l'on subit, avec une bonne dose de subtilité et d'auto-dérision.

L'artiste ne cache pas le côté gay-friendly du show, tout en pointant du doigt quelques clichés, et lorsqu'il évoque ses anecdotes de loose sentimentale, c'est universellement que l'on s'y retrouve.

Alex Ramires capte l'attention du public dès le départ, et l'embarque avec une belle gradation, faisant passer son spectacle du bon à l'excellent entre le début et la fin, démontrant une jolie palette de jeu jusqu'au moment "émotionnel" du spectacle, bourré de métaphores intelligentes qui achèvent de séduire l'audience.

Un physique de "BG", un texte sympa, un jeu agréable, on était déjà conquis... Mais en plus, il sait super bien danser.
Talent à suivre !


Pour qui ?
- Les fans de bons "one-man"
- Les gens en couple, afin qu'ils ne risquent pas la déception !

Comédiens!



De qui ?
De Messieurs Séné, Chantelauze et Bancou.










De quoi ça parle ?
Jour de première pour cette troupe au Théâtre de la Huchette : ils interprètent pour l'ouverture du lieu un vaudeville musical, Au diable vauvert. Mais Pierre, le metteur en scène, est tendu. Son comédien habituel s'est blessé, et il a été remplacé au pied levé par Guy, ancien camarade de sa femme. Pourquoi Colette a t'elle proposé cet acteur pour leur sauver la mise ?

Et alors ?
Une parenthèse musicale particulièrement réussie.

Le spectacle s'articule autour de chansons jazzy, aux textes intelligents, et plus encore, interprétées avec beaucoup de talent par ce trio de comédiens. Je reste scotchée par la performance et la voix de Marion Préïté, vue récemment dans Les aventures de Tom Sawyer, mais à qui le rôle de Coco offre la possibilité de montrer véritablement la palette vocale, avec des graves troublants et des aigus lyriques maîtrisés.

Grande fan de mises en abîme, j'ai aussi été emballée par l'histoire : du théâtre dans le théâtre, avec ce metteur en scène qui galère, les egos de chacun à ménager, les petits débordements, et la vie privée qui s'invite sur scène.
Je m'interroge, pendant la pièce, sur la possibilité qu'elle soit tirée d'un sombre fait divers : c'est apparemment le cas. Pierre, mari effacé et insignifiant dans son vaudeville, bouillonne entre le trac de la première et la peur des hommes qui pourraient convoiter sa femme. Coco, face à lui, porte leur relation à coups de sacrifices, à l'exception d'un secret qu'elle garde précieusement. Le troisième larron, ancien camarade de classe de Coco, ne parviendra pas à temporiser suffisamment pour éviter la confrontation houleuse des deux époux.

On passe peut-être un peu brutalement du comique à l'angoisse, dans le déroulement de cette narration. Qu'importe, on a ri, on s'est ému... Et on quitte la salle heureux de ce moment.

Pour qui ?
- Les fans de musicals : celui-ci vaut le détour.
- Les adeptes de mélange des genres.

Madame Marguerite


De qui ?
De Roberto Athayde.
Madame Marguerite

De quoi ça parle ?
Jour de rentrée dans la classe de Madame Marguerite, une institutrice pleine de bonnes intentions envers ses jeunes élèves, soucieuse de les voir obéissants et disciplinés tandis qu'elle leur explique la biologie, l'histoire, et sa vision de la vie.

Et alors ?
Un seul en scène rythmé, d'une heure, porté par Stéphanie Bataille à qui ce rôle donne une large palette pour peindre un univers décalé, sa salle de classe : dès son apparition, tout est dans le regard, équilibre subtil entre bienveillance et folie, et on se tasse un peu sur son siège en attendant de l'écouter.

Ses images, ses comparaisons, sont parfois naïves, parfois crues et menaçantes. On les ressent pleinement dans cette mise en scène épurée, faite de quelques jeux de lumière et d'un tableau noir, évocateur de tant de souvenirs, sur lequel s'inscrivent les dogmes de l'instit', pour qu'on "ne risque pas de les oublier".

Madame Marguerite aime ses élèves, elle ne veut que leur bien et leur bonheur, mais dans le cadre strict qu'elle aura défini. Un texte amusant, un sous-texte intrigant, qui pose la question de l'éducation, du pouvoir, de ses débordements, écrit par son auteur il y a près de 50 ans, mais qui n'a pas pris une ride.


Pour qui ?
- Les amateurs de format court, de pièces comico-politiques et de jolies prestations.
- Les profs, aussi.

Et pendant ce temps, Simone veille


Et pendant ce temps, Simone veille ! | Le nouveau Comédie Bastille Affiche

De qui ? 
Sur une idée de Trinidad, mise en scène de Gil Galliot.


De quoi ça parle ?
Histoire du féminisme et de la condition féminine des années 50 à nos jours, au travers de trois personnages de différentes classes sociales.

Et alors ?
La curiosité m'a poussée à venir découvrir cette pièce, à l'affiche depuis plusieurs saisons.

Un quatuor de comédiennes débordantes d'énergie, mène l'histoire, celle avec et sans majuscule, en comédie, en images et en chansons.

On retrace 60 années de condition féminine, quatre générations, en 1h20 de spectacle. Une belle prouesse, à l'aide de costumes nous aidant à replacer dans leur contexte les personnages, leurs attentes, leurs milieux... et leurs combats.
De nombreux sujets sont abordés : contraception, maternité, mais au delà des droits, on évoque aussi la vie sentimentale, sexuelle, professionnelle et son évolution, depuis la femme au foyer d'après-guerre à celle, libre et libérée du 21ème siècle.

La trentenaire que je suis a appris quelques anecdotes croustillantes, avec pas mal de "ah ouais quand même" qui me viennent à l'esprit à l'évocation de certaines lois archaïques et pourtant, tout récemment abrogées (celle sur le port du pantalon est hilarante).
Réalisation du chemin parcouru, des luttes menées, du parcours restant à accomplir... avec un regard, pour ma part, sceptique sur les filles de 2010, dans lesquels évidemment je me retrouve mais me perds un peu.

Le spectacle et ses comédiennes nous amusent tout en faisant prendre conscience, devant un public presque exclusivement féminin malheureusement.
J'ai particulièrement aimé les chansons, parodiques et instructives, et le final qui est un bel hommage à Simone Veil.


Pour qui ?
- Entre copines bien sûr, mais aussi en couple !






Miracle en Alabama

De qui ?
De William Gibson, adapté et mis en scène par Pierre Val
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De quoi ça parle ?
Helen Keller, suite à une maladie infantile, se retrouve dès son plus jeune âge aveugle et sourde. Sa famille l'aime, mais ne sachant comment communiquer avec elle, la traite comme un animal domestique à qui il faut passer le moindre caprice. Jusqu'à l'arrivée d'une gouvernante, pleine d'espoir et de rigueur, qui veut plus que tout donner à la jeune infirme les bases du langage.

Et alors ?
Basée sur une histoire vraie, cette pièce a d'abord connu un joli succès aux Etats-Unis.

Les thématiques parlent au plus grand nombre : cette famille américaine, aux membres plein d'amour mais pétris de problèmes de communication, et son aventure humaine hors du commun, nous évoquent la perséverance et le courage.

On retiendra surtout une belle distribution, avec en tête la gouvernante interprétée avec une grande justesse par Stéphanie Hédin, et son élève handicapée, incarnée par Lilas Mekki.

Deux bonnes idées du metteur en scène, outre de monter ce projet, est d'avoir choisi une comédienne véritablement sourde pour ce rôle, et de proposer régulièrement le spectacle avec un surtitrage pour permettre à un public souffrant du même handicap de venir partager cette pièce.
On assiste du coup à un moment d'émotion un peu brut, mais plus authentique.


On notera aussi un décor original et une musique apaisante jouée en live à la guitare par le comédien Julien Crampon.


Pour qui ?
Pour tout public, à partir de 8/9 ans