Rechargé

De qui ?
de et avec Rachid Badouri.




















De quoi ça parle ?
Les tribulations d'un canadien d'origine marocaine venu conquérir la France.

Et alors ?
Confronter deux cultures c'est bien. En confronter trois, c'est encore mieux. Rachid Badouri vogue entre les trois facettes de sa vie, avec une belle autodérision et une grosse dose de tendresse.
Québec et Maroc, nous aurons deux accents pour le prix d'un !

Les études, les voyages, son père, sa femme, sa vision de Paris, une visite fortuite chez le naturopathe... Les anecdotes pleuvent et on y retrouve beaucoup de nous, notamment le public féminin qui saura rire de lui-même et de ses petits travers.

Soudain, la lumière change, l'artiste nous livre une nouvelle tranche de vie : une séquence émotion qui nous cueille, dans cet autre registre où Rachid Badouri donne à son public authenticité et intimité.

Le mot d'ordre de son show ? L'amour, sous toutes ses formes. On aime.


Pour qui ?
- Parfait en couple.
- Ou avec vos parents (marocains ou non).

Chapitre XIII

De qui ?
de Sébastien Azzopardi et Sacha Danino.




















De quoi ça parle ?
Un auteur part s'isoler dans un Monastère pour trouver l'inspiration et terminer son dernier roman, une fiction historique où les supplices médiévaux s'enchaînent. Et soudain, les religieux qui l'entourent se mettent à disparaître, assassinés froidement et mis en scène comme dans le livre que notre héros tente d'achever.

Et alors ?
Azzopardi et Danino : duo incontournable qui propose pour notre plus grand bonheur un théâtre immersif, en poussant toujours au maximum les possibilités que cela génère.
La Dame Blanche en était un parfait exemple, nous entraînant dans une histoire d'horreur dès le seuil de la salle de spectacle.

On retrouve de cette atmosphère extrême et réjouissante dans Chapitre XIII, où les codes du thriller et de l'épouvante sont au rendez-vous.

Un décor soigné, signature de la talentueuse Juliette Azzopardi, et des effets spéciaux magiques, comme on en voit peu au théâtre, nous éblouissent depuis notre fauteuil.
Le propos permet d'instaurer quelques artifices gores, sanglants, superbes de réalisme.

La mise en scène, outre ses tours de magie et litres d'hémoglobine, joue beaucoup sur la lumière, les effets de brume, les flashs stroboscopiques.
C'est un film sur scène, en 4D : les personnages apparaissent dans la fumée qui envahit toute la salle, les faisceaux d'une lampe torche nous déplacent dans une cave du Monastère, tous nos sens participent à ce divertissement.

Un bémol, à mon goût, avec l'histoire de cet auteur de romans, dont le fil regorge de trop de rebondissements : on se délecte plus de la forme que du fond.


Pour qui ?
- Pour un public averti et amateur de films d'horreur !
- Ceux qui ont une envie d'originalité et de frisson.



Parlons d'autre chose

De qui ?
de Leonore Confino.


De quoi ça parle ?
Ils sont 9, dans cette classe de Terminale L : huit filles, un garçon, groupe d'amis que lie une solide amitié, des points communs, des aspirations... et des secrets, comme le déroulé de la soirée du 2 mai 2018.

Et alors ?
Une plongée dans l'univers adolescent, avec 9 portraits, 9 êtres en devenir présentés et interprétés avec justesse.
On pourrait assister à une histoire vraie. Peut-être que des faits réels ont inspiré l'aventures de ces jeunes, d'ailleurs... On croit à leur récit à vif, à leurs maux, à leurs vannes, à leur communauté, parce qu'on y retrouve, au moins un peu, de nous.

Il y a dans ces personnages, l'ado qu'on a été, mais aussi des bribes du parent que l'on va peut-être devenir, ou des enfants que l'on pourrait avoir un jour.

Il y a les complexes, les questions, leurs réponses multiples.

Il y a huit femmes, huit futures femmes, avec leurs envies, leurs corps, des tours de tailles et de poitrines différents, des personnalités diverses, une presque totale mise à nu.

Toute cette réalité s'enveloppe d'un filtre théâtral, poétique, qui l'embellit : musique, lumières, choix de mise en scène avec un quatrième mur qui disparaît par intermittence.

On repart avec l'écho des ces voix, de ces visages, de ces interrogations qui ne se contentent pas que d'une réponse.

Pour qui ?
- Ados et adulescents




Dépendance affective

De qui ?
de et avec Tristan Lopin.



















De quoi ça parle ?
La bonne pote de Tristan, Anne, ne se remet pas de sa récente rupture... Alors que lui, c'est bon, il est over Clément, son dernier ex, et prêt à rencontrer le grand amour !

Et alors ?
Tristan Lopin, c'est votre bonne copine qui vous écoute parler de vos problèmes de mec en mangeant du Nutella. C'est celui qui vous rejoint quand vous avez besoin de quelqu'un pour un marathon Love Actually/Dirty Dancing. C'est votre compagnon de dance floor quand retentit un tube de Britney.

Le comédien créé d'emblée une atmosphère ultra conviviale dans son show, par son accueil décomplexé et le rideau qui s'ouvre sur un décor minimaliste et cosy comme un studio parisien. Son autodérision est contagieuse, ses descriptions proches du quotidien des trentenaires dont il s'amuse et fait en même temps partie, autour du thème universel de la recherche du grand amour.

Beaucoup de sincérité, un soupçon d'humour noir, une pointe de grivoiserie, l'heure en sa compagnie passe sans s'en rendre compte.
Une dose de bonne humeur !

Pour qui ?
- En couple, ou avec votre meilleure amie fraîchement célibataire, tout le monde s'y retrouvera !

Hard

De qui ?
librement inspiré de la série de Cathy Verney.


De quoi ça parle ?
Sophie vient de perdre son mari. Un moment douloureux, d'autant plus qu'elle découvre du même coup que Monsieur ne subvenait pas aux besoins de sa famille grâce à une société de transport, mais parce qu'il était producteur de films pornographiques.

Et alors ?
Une comédie réjouissante !

Une thématique rare et bien traitée, où l'on parle grivoiserie sans tomber dans la vulgarité.
Une distribution enjouée, équilibrée et conséquente de neuf comédiens.
Des costumes superbes et accessoires rigolos et efficaces.
Un rythme soutenu et un fil narratif que l'on suit avec plaisir.
Un vocabulaire fleuri qui nous fait sourire, et éviter de croiser le regard faussement gêné de nos voisins de fauteuils.

On retiendra tout particulièrement les interventions de Stephan Wojtowicz, en réalisateur de films X fort de 30 ans de carrière, et Nicole Croisille, belle-mère aux moeurs légères, inattendue dans ce registre éroticocasse.


Pour qui ?
- En couple, entre amis, de 18 ans et plus !


Radieuse vermine

De qui ?
de Philip Ridley.


De quoi ça parle ?
Fleur et Olive vivent le parfait amour depuis leur rencontre. Ils sont mariés, ils attendent leur premier enfant... Leur seul souci, c'est l'appartement où ils vivent, dans un quartier mal fréquenté. Quelle aubaine, lorsqu'on leur annonce qu'un nouveau programme de restructuration va leur permettre de remporter une grande maison à rénover !


Et alors ?
Un décor tout blanc, et des protagonistes qui entament leur récit en cassant le quatrième mur, voilà une entrée en la matière atypique ! Il n'en faut pas moins pour se laisser happer dans cet univers sombre, où l'humour noir règne en maître.

Imaginez plutôt : notre petit couple, pour rénover sa maison de rêves, se voit en plus offrir le moyen d'obtenir une pièce à vivre sortie tout droit des pages d'Elle Déco, ou la cuisine magnifique qu'ils n'auraient jamais pu s'offrir aux Galeries Lafayette. Ils sont prêts à tout... Pas vous ?

Un conte, donc, une satyre de la société de consommation qui veut toujours plus, plus beau, plus cher, plus clinquant. Qui se lasse au bout de quelques jours, parce que la mode a changé, parce que les voisins ont mieux, par ennui ou par jeu. C'est embêtant, parce qu'en dehors de cette addiction, on l'aime bien, ce petit couple ! Lui (Louis Bernard) avec sa dégaine de premier de la classe prêt à tout pour la combler, elle (Joséphine Berry), ravissante et pétillante.

Tout repose sur le jeu des comédiens, qui ne ménagent par leur peine, notamment à l'approche de l'épilogue où ils interprètent tour à tour Fleur, Olive et tous leurs voisins à l'occasion d'un fête.
Le duo principal déborde d'énergie et l'insuffle à la pièce. J'ai été moins convaincue par la troisième interprète, non pas pour son talent, mais pour son intervention sous les traits d'un vagabond dans la pièce, qui bascule dans le "trop absurde" à ce moment.


Pour qui ?
- Les fans d'humour noir et anglais.


Fashion Freak Show

De qui ?
de Jean-Paul Gaultier.



De quoi ça parle ?
Une création du designer de mode français, sous la forme d'un spectacle de deux heures, retraçant les temps forts de sa vie : un rêve d'enfant qu'il réalise et partage sur la scène des Folies Bergère.


Et alors ?
Entre show musical et défilé, cette revue surprend autant qu'elle embarque dans son univers décalé et glamour.

De son ours en peluche Nana, à ses dernières extravagances, on suit et explore le passé, les pensées, d'un des plus grands créateurs de notre époque: les souvenirs, les moments marquants, les influences... L'amour de sa vie et sa quête de liberté et de beautés sous toutes ses formes.

Les corsets coniques et les marinières, le style rock made in UK, le genre plus glam des paillettes, tout se rencontre dans un spectacle dansé et chanté sous forme de tableaux.
Evidemment, les costumes dépassent l'imagination, nombreux, variés, vitrines de l'artiste que le monde connaît notamment pour son côté avant-gardiste et excentrique.

Le décor, de gigantesques écrans mouvants qui encadrent la scène, permettent jeux de lumière et projections comme le public a rarement l'occasion d'en voir : les éléments interagissent, se complètent, dans un esthétisme ultime et exacerbé.

Le temps file autour de ces tableaux, rythmés par une bande-son très 80's, des chorégraphies millimétrées et charnelles, et des vidéos auxquelles de nombreuses célébrités, amies du styliste, se sont prêtées.

Un spectacle unique, dans l'écrin des Folies Bergère.


Pour qui ?
- Les adeptes de mode, et ceux qui n'y connaissent rien.
- Ceux qui ont soif d'une gorgée de liberté et d'inspiration.
- En couple.