La maîtresse en maillot de bain

De qui ?
de Fabienne Galula

De quoi ça parle ?
Une école maternelle : trois instituteurs et une psychologue, venue à leur rencontre pour les écouter et les aider au quotidien.

 Et alors ?
Ce titre alléchant cache un joli moment de divertissement et de tendresse. Chacun se retrouvera un peu dans l'un des protagonistes et les situations, réalistes mais tournées en dérision pour notre plus grand plaisir.
Un décor simple, un texte efficace, un humour qui oscille entre caricatures sympatiques et fraîcheur. Les répliques de la psy, en particulier, sont un vrai moment de plaisir !

Pour qui ?
-Vous, en famille, à partir de 9/10 ans sans souci !
-Vous, avec votre copine prof des écoles.
-Vous, pour penser à autre chose que les élections qui approchent.

Harold et Maude

De qui ?
de Colin Higgins, mise en scène de Ladislas Cholat

De quoi ça parle ?
Harold, 18 ans, partage son temps entre des mises en scène de son propre suicide et la visite des enterrements du coin. A l'une de ces cérémonies, il fera la rencontre de Maude, une octogénaire débordante de vie.

 Et alors ?
J'y allai un peu à reculons, n'ayant pas gardé un bon souvenir du film dont est tiré cette pièce. Cependant, le ton plus enjoué, plus radicalement optimiste de ce spectacle prend le dessus dès les premiers instants. Saluons d'abord la mise en scène, truffée d'effets spéciaux efficaces, magiques, qui imprègnent d'humour noir les tentatives macabres du jeune héros. Le décor, imposant (presque un peu trop), nous entraîne tantôt dans l'univers fantasque de Maude, tantôt dans le manoir guindé de Harold.
Le texte nous touche, parsemé de poésie.
Le duo Line Renaud/Thomas Solivéres fonctionne à merveille... Charme et présence pour lui, charisme et douceur pour elle, ils rendent crédible et enviable leur singulière romance. On oublie qu'ils ont déjà vécu cette histoire des dizaines de fois, soir après soir sur cette scène, ils nous la livre comme si c'était la première fois... L'émotion sera présente du début à la fin, en particulier lors d'un très beau moment musical entre les deux protagonistes.

Pour qui ?
-Vous, l'incorrigible romantique
-Vous, pour le bonheur de découvrir Line Renaud sur scène, si ce n'est déjà fait, et son talentueux acolyte dont on risque d'entendre parler

Avenue Q

De qui ?
Robert Lopez, Jeff Marx et Dominique Guillo

De quoi ça parle ?
Derrière ce titre énigmatique se cache la vie d'un quartier et de ses résidents. Brian cherche un boulot, Tatami cherche des patients, Kate cherche l'amour et Princeton cherche ce qu'il cherche...

 Et alors ?
On s'installe en salle sans trop savoir à quoi s'attendre. Et là, pfiout ! On entre dans l'Avenue Q, avec une petite vidéo de quelques secondes, assez pour se douter que cette avenue va certainement nous plaire. Dix minutes plus tard, on est conquis, et on ne cesse d'être bluffé par le spectacle : le décor intelligent qui sert si bien l'histoire, le second degré des chansons, les personnages hauts en couleur... Et le mieux, dans tout ça : le cast ! Le spectacle nous est servi par des artistes ultra-talentueux, attachants, émouvants, impressionnants autant par leur technicité de marionnettistes que par leurs voix.
On oscille entre humour grivois, conseils de cœur farfelus, rêves et quête philosophique.
Un tel sans fautes pour cette production, qu'on se croirait à Londres pour 2h30. Le seul nuage, la seule incompréhension : pourquoi cette jolie salle de Bobino n'était-elle pas pleine à craquer ? Honte au public parisien...

Pour qui ?
-Vous, tous, dès lors que vous avez plus de 12 ans !

Bronx

De qui ?
de Chazz Palminteri, avec Francis Huster, adaptation : Alexia Perimony

De quoi ça parle ?
Cologio, 9 ans, est le témoin d'un meurtre perpétré par Sunny, mafieux qui règne sur son quartier. Le jeune garçon ne le dénoncera pas à la police venue l'interroger, ce qui conduit le gangster à prendre l'enfant sous sa protection.

 Et alors ?
Un peu déstabilisant au départ, ce "seul en scène" bénéficie d'un décor et d'une lumière qui nous plongent rapidement dans l'atmosphère souhaitée. Mais plus encore, la prestation de Francis Huster nous interpelle. Crédible en interprétant tous les personnages, enfant et vieillard, homme et femme, on en oublie vite qu'il est seul, emporté par le récit et la vie de tous ces protagonistes.
Au delà du théâtre, de l'instantanéité, notre imagination est happée, dépeignant à l'esprit le récit, les personnages, les situations et actions, de manière ... cinématographique ! (on "voit" les bagarres, les coups de feux, la foule, avec autant de clarté que s'il s'agissait d'un film).
N'ayant découvert ni le livre, ni son adaptation par de Niro, je ne peux malheureusement pas comparer...
Ces 90 minutes passent vite, pour un joli moment de théâtre.

Pour qui ?
-Vous, pour découvrir une performance théâtrale impeccable
-Vous, pour la classe indiscutable de Francis Huster

1789, les amants de la Bastille (Show-Case)

De qui ?
Dove Attia, Alfred Cohen, and co

De quoi ça parle ?
Une histoire d'amouuuuur ! Elle appartient à la noblesse, lui vient d'un monde paysan, sur fond de révolution française...

 Et alors ?
Attention, nous ne sommes pour l'instant que sur le show case, présentation rapide des intervenants et d'une poignée de chansons qui ne donnent qu'une idée de ce que pourra être le spectacle en septembre 2012...
Tout de même, une idée assez précise...
Une vidéo nous introduit le CV du metteur en scène, dont le travail inspire admiration et respect. Le casting défile sous nos yeux, et bien que nous ne soyons que sur un show case, on est déjà sur une performance au-delà de la simple présentation : un joli jeu de lumières, et surtout de films projetés sur des rideaux blancs, laissent présager pour le futur spectacle d'une utilisation de vidéos des plus prometteuses.
Les chanteurs ? Cette première prestation est plus favorable à certains que d'autres. Un réel bémol pour Mathieu Carnot, étais-ce le trac, car si on apprécie son physique avantageux, la voix et l'articulation ne sont pas au rendez-vous. Mention spéciale pour Sébastien Agius (qui incarnera Robespierre), présent, dynamique et charismatique sur scène (porté par les cris de ses déjà nombreux admirateurs).
Et les chansons ? que dire... quelques airs "déjà-vus" (ou plutôt "entendus")... Mais, et c'est une constante dans les productions Attia/Cohen depuis L'envie d'aimer, des mélodies accrocheuses, entêtantes : on gardera dans le crâne toute la soirée leur sympathique "Pour la peine". La vraie surprise vient du solo de Sébastien Agius, véritable étincelle qui possède un rythme enthousiasmant, et un texte jubilatoire sur le refrain, détournant brillament la Marseillaise, qu'on a envie de tout de suite reprendre en chœur...

Pour qui ?
-Vous, qui cherchez une idée sortie pour la rentrée (la mise en scène promet vraiment d'être grandiose)
-Vous, qui voulez réviser votre Histoire de France
-Vous, qui avez été conquis par Les 10 commandements, Mozart ou Dothy et le magicien d'Oz

Hunger Games

De qui ?
Gary Ross, d'après le best-seller de Suzanne Collins

De quoi ça parle ?
Après une guerre destructrice, Panem (version futuriste de l'Amérique du Nord) contraint chacun de ses districts à livrer chaque année deux tributs parmi leurs enfants, un garçon et une fille, qui combattront à mort jusqu'à la victoire du survivant.

  Et alors ?

Parlons un instant de l'avant-première en elle-même... Une attente considérable pour voir arriver le trio... pour en plus les voir débarquer dans la salle pour un passage éclair, pas d'interviews ou de mots des acteurs (en dehors de l'intervention en français de Gary Ross... mais il faut dire qu'il y avait un certain nombre de salles à visiter)... avec de surcroit l'interdiction de faire des photos...  Dommage, pour ce rendez-vous attendu depuis plus d'un mois. Encore plus dommage devant ce trio d'acteurs magnifiques et charismatiques : Jennifer Lawrence, peu souriante mais renversante dans sa robe dos-nu... Josh Hutcherson, sobre et charmant... Liam Hemsworth, visage d'ange, carrure d'athlète et costume impeccable (Miley's so lucky, n'est-ce pas les filles ?)

Quant à l'essentiel, le film en lui-même.
Difficile d'être objective quand on a tellement aimé le livre... D'autant plus qu'on le sait, réussir l'adaptation d'un succès comme celui-ci, cela s'avère souvent approximatif. Et pourtant... Quel brio dans la mise en scène ! Un rendu spectaculaire pour les scènes de combats (des mouvements de caméra qui donnent presque la nausée, ça bouge comme si on y était !)... De fabuleux gros plans... Une tension palpable... L'humour et l'émotion du livre rendus presque intacts. L'interprétation des personnages est juste, frappante : jusque dans les silences, on devine, on comprend, sans que cela ne nécessite de "surjeu" de leur part. Film oblige, on emprunte quelques raccourcis, mais qui ne gênent pas la compréhension de l'histoire et de son fourmillement. Mention spéciale aux scènes sur le plateau de télévision de Caesar Flickerman, enthousiasmant à souhait, et la réplique qui touche droit au coeur "Because... she came here with me".
Se dire que deux suites restent à venir, une jubilation !


Pour qui ?
-Vous, bien sûr qui avez dévoré les trois tomes de Hunger Games
-Vous, qui n'êtes pas encore lecteur de l'aventure et qui cherchez un nouvel univers dans lequel vous plonger
-Vous, tous. Ce film est super !

Adam et Eve : la seconde chance

De qui ?
Pascal Obispo

De quoi ça parle ?
Un homme qui vit dans un monde établi, de consommation et de leadership. Une femme qui appartient à une collectivité prônant l'amour, la paix, la nature. Un coup de foudre.
Ne cherchez ni serpent, ni pomme dans cette histoire !

 Et alors ?
Un spectacle complet puisqu'il allie le très bon au médiocre. On cherche les rebondissement dans le scénario, et on les attend en vain. Le manque de profondeur des personnages renforce au fur et à mesure l'incompréhension (le passage entre la guerre et le pays des Bisounours, improbable), les clichés des comédies musicales, en particulier une conclusion fadasse, attendue et qui s'étire sur trois chansons de rappel... Cependant, cependant... On retrouve de belles mélodies, des textes poétiques, parsemés tout au long du spectacle et qui vous resterons en tête à la sortie... Le casting fait mouche, avec des artistes complets (de plus en plus rare dans nos productions françaises), tant par la voix que par la danse. Mention spéciale au charme de Noémie Garcia (Strawberry), au sex-appeal de Nuno Guilherme (Snake), et Cylia, qui allie la grâce, la présence et une voix troublante. Thierry Amiel n'est pas en reste, car s'il ne bluffe pas sur les chorégraphies, son chant et son regard suffisent... Le point fort du show demeure le décor, incroyable machinerie, et plus encore la mise en scène, réellement envoûtante : tout bouge et fourmille, le moindre détail est réfléchi, mettant en valeur les artistes, leurs très beaux costumes et leurs talents.
On ressort déçu par le manque de fond, mais imprégné de la magie des tableaux.

Pour qui ?
-Vous, parce que vous aimez les musicals, mais vous aviez peur d'être déçu par celui-ci : c'est bon, vous pouvez !
-Vous qui kiffez au choix : Thierry Amiel/Obispo/les costumes stylés.
-Vous, qui êtes bon public et cherchez une idée sortie sympa, du divertissement à l'état pur.

L'amour dure trois ans

De qui ?
Le grand Frédéric Beigbeder

De quoi ça parle ?
De son auteur... Adapté du roman autobiographique du même nom, ce film retrace le chaos sentimental dans lequel vit Marc, jusqu'au jour où il croisera Alice...

 Et alors ?
J'avais a-do-ré le bouquin et en m'installant sur mon moelleux fauteuil de cinéma, j'en étais encore à me demander "mais comment a-t'il fait, ce livre me paraît difficilement adaptable ?!"... Parce, comment vous dire... Lire Beigbeder, c'est charnel. On a l'impression que chaque page est imbibée de son sang, de sa sueur, de sa peau et de ses pensées. Un truc de ouf, quoi. Et bien, regarder Beigbeder, c'est pareil. Une sensation d'intimité avec le narrateur qui donne l'impression qu'il s'est frotté longuement à chaque centimètre de pellicule. On aime sa manière de raconter la rencontre, la souffrance, l'écriture, le sexe, Michel Legrand. Comme dans toutes les comédies romantiques, une douce mièvrerie nous emporte. Les personnages sont furieusement attachants (si, si, même ceux interprétés par des comédiens qu'on apprécie moyennement d'habitude). Les fans de Frédéric kifferont voir et revoir ce film... Et les autres ? Aucune idée, je n'ai jamais été pas fan de Beigbeder.

Pour qui ?
-Vous et votre moitié
-Vous et votre ex avec qui vous voulez recoller les morceaux
-Vous toute seule, en rêvant d'une belle rencontre à Guéthary

La Dame en Noir

De qui ?
de James Watkins
Avec Daniel Radcliffe

De quoi ça parle ?
Arthur, notaire londonien, est envoyé par son cabinet dans un coin reculé de la campagne anglaise dans le but de régler la succession d'une cliente disparue, apparemment sans aucun descendant. Dans le village, le nouvel arrivant va très vite découvrir qu'il n'est pas le bienvenu, en particulier dans la maison sur laquelle il doit enquêter. L'ombre d'une femme voilée plane sur la propriété, semant le trouble dans la population, et bientôt d'étranges suicides se succèdent...

Et alors ?
Tâchons d'être objectif. Si l'on s'attend à un scénario décapant, on restera sur notre faim. L'histoire, les rebondissements restent assez linéaires. On devine rapidement les enjeux des personnages, ce qui va se dérouler et comment. En revanche, c'est en cela que s'appuie l'angoisse : car quand on sait l'horreur qui se cache derrière la porte, qui a réellement envie de l'ouvrir ? La lumière et l'image interpellent aussi : beaucoup de gros plans, de cadrages serrés sur une multitude d'automates d'un autre temps, pantins, poupées, singes articulés, presque plus terrifiants que les fantômes.
Daniel Radcliffe, tentant de s'éloigner un tant soit peu de son uniforme de Poudlard, y apparaît sympathique et élégant, sans pour autant dévoiler réellement son potentiel (on l'a vu plus éblouissant sur les planches).
Ce n'est donc pas le film de l'année, mais un moment de frisson agréable !

Pour qui ?
-Vous, qui fantasmez sur Mr Radcliffe depuis son premier "Wingardium Leviosa"
-Vous, le fan d'histoires de fantômes
-Vous, qui sortez pour la première fois avec ce mec mignon, pour la plaisir de vous serrer contre lui toutes les trois minutes...

Ma Première Fois




De qui ?
Une pièce de Ken Davenport (adaptation : Clément Michel)
Mise en scène de Gabriel Olivares

De quoi ça parle ?
Mise en lumière et en image d'anecdotes croustillantes, piochées sur le site "myfirsttime.com". Tout est dans le titre !

 Et alors ?
En toute honnêteté, je partais avec un a priori, à cause de l'affiche, marrante mais qui me semblait un peu racoleuse. Très vite, pourtant, on est dans l'ambiance : un questionnaire succinct (et anonyme !) vous replonge un instant dans votre propre expérience... Ce spectacle part d'un sujet si banal qu'il nous touche (presque) tous, pour en faire cependant un sympathique ovni. Décalé, grivois, plus complexe que ce à quoi on s'attendait. La mise en scène, efficace, y est pour beaucoup, associée à un dynamisme et une réelle complicité entre les protagonistes. Les comédiennes, pétillantes, charmeront ces messieurs, et le public féminin ne sera pas en reste car pour une fois, ce sont les hommes qui se dévoilent... et quels hommes !

Pour qui ?
-Vous et votre moitié
-Vous et vos potes
-Vous et votre sœur pour son enterrement de jeune fille