Thomas Boissy - Une chanson française



De qui ?

de Thomas Boissy.
                                                                                                                                                            



De quoi ça parle ?
Quelques mois après la sortie de l'album du même nom, Thomas Boissy propose une version live des plus grandes chansons créées en France, puis qui ont connu un succès international : Edith Piaf, Charles Aznavour, Claude François, ils seront tous représentés dans ce bel hommage.

Et alors ?
Découvert par le grand public il y a quelques années pour son "Incroyable Talent" sur M6, Thomas Boissy s'était fait remarquer par ses performances en improvisation musicale.
C'est dans un tout autre registre cependant qu'il a présenté son spectacle "Chanson française" aux Folies Bergère. Le rideau s'ouvre sur un orchestre conséquent, cuivres, cordes, percussions, ainsi que cinq danseurs survoltés. La création lumières est aux petits oignons, la foule scande son nom, et la star du soir est là !
Thomas Boissy, chanteur en tenue de dandy, n'improvise plus : il interprète, charme, laissant apparaître le véritable crooner qu'il est.

Les arrangements musicaux de ces reprises fonctionnent plutôt bien : j'ai particulièrement accroché à la revisite de "Voyage, voyage" ou encore "Ella, elle l'a".

Ce fut donc une bonne surprise de découvrir une toute autre facette de cet artiste. Cependant s'il sait séduire par un timbre de voix agréable, c'est dans l'écriture qu'il remporte la palme : une composition vient se mêler aux reprises, avec un texte personnel et touchant, une chanson en hommage à Gilbert Bécaud. Une petite pépite que je retiendrais comme le plus joli moment du spectacle.




Pour qui ?
-Les amateurs de chansons françaises, de crooners, ou de rythmes chaleureux.









Rumeurs

De qui ?
Neil Simon.
                                                                                                                                                            



De quoi ça parle ?
C'est le dixième anniversaire de mariage de Charly et Mira. Leurs amis se réunissent donc pour célébrer l'événement avec eux, mais Charly est découvert dans la chambre du couple, la tête en sang et un revolver à la main, et Mira a disparu ! Les invités vont tenter de comprendre ce qui s'est produit.


Et alors ?
C'est une nouvelle adaptation, modernisée, qui nous est présentée ici, après le succès notoire de la version de Poiret en 1991.

J'en ressors un peu mitigée. Le jeu d'acteurs m'a paru assez inégal, et pas forcément aidé par une mise en scène trop classique et malheureusement, des longueurs dans le texte.
Tantôt trop mollement, tantôt de manière hystérique, on nous déroule deux heures de spectacle à grands renforts de claquements de portes et de situations un peu trop rocambolesques : une cuisinière complètement gourde, un homme politique aux mimiques clichées, une nympho armée d'un cristal magique...

A retenir : un décor particulièrement soigné, des costumes chatoyants, et la prestation de Christophe Canard, que j'avais déjà beaucoup apprécié dans "Cousins comme cochon" il y a quelques mois.

L'envol ne se fait que sur les vingt dernières minutes de la pièce, avec un épilogue servi par Eric Delcourt, où l'hystérie et l'agitation en place durant la pièce prennent sens, séduisent et font, enfin, franchement rire.


Pour qui ?
-En couple pour une soirée simple et sans prise de tête.








JEU CONCOURS : Rumeurs au Théâtre Fontaine





En partenariat avec le THEATRE FONTAINE, votre blog spectacles VU LU ENTENDU vous propose un nouveau jeu-concours !


Remportez votre invitation pour deux personnes pour RUMEURS, de Neil Simon.
Invitation valable pour le mercredi 6 avril 2016 à 20h30. 



Pour participer, c'est très simple : envoyez votre nom et courriel à elemblog@yahoo.fr !
Le gagnant tiré au sort sera contacté par email.


Merci de vous assurer de votre disponibilité le 6 avril au soir !

Le Porteur d'Histoire

De qui ?
d'Alexis Michalik.
                                                                                               


De quoi ça parle ?
Deux femmes, dans le désert, recueillent un homme qui va leur livrer une histoire. Celle d'un homme, il y a quinze ans, parti dans les Ardennes pour enterrer son père. Celle d'une femme, il y a cent ans, venue se réfugier et changer d'identité. Celle d'un trésor dont on raconte qu'il est le plus grandiose que l'Humanité ait connu.


Et alors ?
Séduite par le "Cercle des illusionnistes", je me réjouissais de découvrir un peu plus l'oeuvre du brillant Alexis Michalik, avec ce "Porteur d'histoire" prolongé au Théâtre des Béliers Parisiens.

Je n'ai pas été déçue, loin de là. C'est encore une fois un merveilleux voyage spatio-temporel que le jeune auteur nous propose, avec, ai-je trouvé, une écriture encore plus fine et ciselée.
L'Histoire est questionnée par le destin de plusieurs protagonistes.

Les cinq comédiens, excellents, nous captent dès la première seconde. Sautant d'un personnage à l'autre, d'une époque à l'autre, déroutant le spectateur sans jamais le perdre.
La mise en scène, elle aussi, fascine par une simplicité apparente : le décor fait d'un tableau noir et de quelques accessoires, aide à prendre ses repères pour suivre le fil.
Pour moi, tout a fonctionné, jusqu'à la musique et les lumières, à l'avenant, discrets mais efficaces, pour une composition idéale.

Le mélange de la réalité, de la fiction, comme dans le "Cercle", fait de cette pièce un moment magique : des Molières mérités et un metteur en scène que l'on a hâte de retrouver.



Pour qui ?
-Pour tous, amateurs de scénario bien ficelé, d'aventures et d'histoire(s).








Je change de file

De qui ?
de Sarah Doraghi.
                                                                                               




 






                       
De quoi ça parle ?
Le récit d'une jeune femme d'Iran, alors enfant, qui arrive en France à l'âge de 10 ans et raconte son intégration culturelle.


Et alors ?
Découverte et mise en scène par Isabelle Nanty, rien de moins, la jolie chroniqueuse iranienne de Télématin se livre sur les planches.

Mais, Sarah Doraghi n'est pas juste comédienne : c'est surtout une excellente conteuse. Un texte authentique, qui vous capte dès les premières secondes, plein d'autodérision, d'accents et de caricatures aussi amusées qu'amusantes. Ce qu'on retrouve dans ses portraits, en plus d'un réalisme flagrant, c'est une épaisse couche de tendresse.
La maman de sa meilleure amie d'enfance, sa famille, la télévision, les tics de langage, toutes les étapes de ce choc culturel sont narrées avec simplicité pour que chacun s'y retrouve.

Au-delà d'un spectacle humoristique, l'artiste parle de ses pays, celui dont elle vient comme celui qui l'a adoptée, avec amour et humilité.


Pour qui ?
-Entre copines. En couple. Ou même seul. Juste histoire de passer "un joli moment" !







Madame Bovary

De qui ?
d'après Flaubert, adaptation de Paul Edmond.
                                                                                               




   





     
                       
De quoi ça parle ?
Relecture d'un roman, qui était votre cauchemar en classe de seconde, mais se modernise dans cette pièce au Théâtre de Poche Montparnasse.


Et alors ?
L'honnêteté est de mise : je n'ai jamais réussi à lire jusqu'au bout le livre de Flaubert. On ne peut que féliciter et remercier Paul Edmond et cette équipe brillante de 4 comédiens pour cette adaptation qui se savoure : une heure trente qui vous permette enfin d'appréhender le destin de cette fameuse Emma Bovary.

Un décor sommaire (un fond fleuri et quatre sièges). Un rythme constant, dynamique. Une mise en scène  à l'avenant. Qui laisse la part belle à la musique, omniprésente. C'est une histoire en concert : qu'elle soit présente en toile de fond, qu'elle devienne slam, ou même chanson, la bande originale de ce spectacle transforme les acteurs en musiciens, tous multi-instrumentistes de talent.
De talent, d'ailleurs, leur jeu n'en manque pas, juste, efficace. Sandrine Molaro, qui participe à la mise en scène, en plus d'incarner le rôle titre de ce spectacle, est particulièrement saisissante.

Un spectacle simple et complet, comme on aimerait en voir plus souvent.

Pour qui ?
-Spectacle fédérateur, en particulier pour les familles.







Madiba

De qui ?
de Jean-Pierre Hadida, mise en scène de Pierre-Yves Duchesne.
                                                                                               




     


 

       
                       
De quoi ça parle ?
3 ans après la disparition de Nelson Mandela, un biopic musical lui est consacré, du début de son combat contre l'apartheid à sa sortie de prison 27 ans plus tard.


Et alors ?
Il n'est jamais aisé d'écrire un spectacle autour d'une personnalité. C'est pourtant une belle réussite que cette pièce musicale en trois actes.
Elle repose sur de nombreux éléments : une distribution efficace tant chez les danseurs que chez les chanteurs, une énergie débordante, des musiciens en direct, une scénographie originale, un travail de maquillage remarquable pour incarner le héros sud-africain.
Le message porté est fort, pas seulement pour son contenu pacifique, mais bien par la proximité des événements qui nous sont racontés.

Bien sûr, comme dans toute reconstitution historique du genre, le propos nous est servi avec une histoire d'amour, deux personnages fictifs : Helena, blanche, et Will, noir, qui vont devoir lutter pour s'aimer. On suit les amoureux, avec pour ma part un sentiment neutre. L'intérêt est bien plus puissant et présent dans la grande Histoire, celle de Mandela, de ses idées.
Une mise en scène rythmée nous emporte pendant deux heures trente, qu'on ne voit pas passer. Le décor, une toile circulaire en fond de scène, sert à la projection de croquis ainsi qu'à la reconstitution de la prison. C'est à cela, mais plus largement à toute la création lumières, que le spectacle doit de tirer son épingle du jeu (bravo à Sébastien Lanoue, aux manettes).

Un petit carton jaune revient, et c'est un peu dommage, aux textes. Le propos, on nous le rappelle tout au long du musical, c'est la force des mots. On regrettera alors des chansons un peu fades, des vers simplistes.
En dehors de cela, c'est un sans faute... La musique prend le dessus, entraînante, avec des rythmes colorés et des morceaux d'ensemble qui font frissonner. Chœurs, chants zoulous, danses traditionnelles, vous font quitter la salle avec émotion et positivisme.


Pour qui ?
-Un spectacle instructif à voir en famille.