Nuit d'ivresse


De qui ?

Josiane Balasko.
Mise en scène de Dominique Guillo.

                                                                                                                                               

De quoi ça parle ?
L'histoire d'une rencontre tardive et impromptue : un café minable, une taularde en permission, un présentateur télé, un barman décomplexé. Un cocktail détonnant pour une nuit blanche dont ils se souviendront... Ou pas, au réveil !


Et alors ?
Deux heures, deux actes, que l'on ne voit pas passer...
Les répliques fusent, font mouche, surtout par la fraîcheur de leur crédibilité et de leur simplicité.

On connait déjà Denis Maréchal et Elisabeth Buffet dans leurs rôles respectifs d'humoristes solo, mais leur duo impromptu fonctionne tout aussi bien, camouflés dans ces deux personnages terriblement attachants, à qui ils donnent de belles couleurs.
Simone, la blonde en permission, est particulièrement touchante : sa naïveté et sa sensibilité viennent chercher le spectateur, tout autant que ses irrésistibles mimiques alcoolisées.

Comme souvent dans les mises en scène de Dominique Guillo, le décor a une place à part. Dans le cas de "Nuit d'ivresse", il devient presque un quatrième personnage, témoin de cette relation étrange et imbibée entre les protagonistes, mais aussi une surprise en soi, fourmillant de détails et de nuances qui le rendent spectaculaire.

On sort de la pièce avec une envie de tendresse et de coupe de champagne à partager !


Pour qui ?
-La sortie idéale en amoureux. Mieux, un premier rendez-vous !
- Pourquoi pas, en famille ? (avec des ados, même).

















60 minutes avec Kheiron


De qui ?

de Kheiron.
                                                                                                                                                     

De quoi ça parle ?
Un seul en scène comme on les aime, avec une grosse part d'improvisation et d'interaction avec le public, dans une salle pleine à craquer (et même la salle en prend pour son grade, c'est dire).


Et alors ?
Des vannes qui fusent, et qui marquent, sans jamais tomber (trop) dans le graveleux, c'est ce que je retiendrais de ces soixante minutes avec Kheiron. Enfin, ça, et le sentiment, assez surprenant, de frustration, après la première demie heure, quand j'en viens à me dire "zut, on en est déjà à la moitié ? pourquoi ne fait-il pas un spectacle de deux heures" !

L'aisance de l'humoriste est telle, qu'on a presque envie d'être pris à parti, notamment parce que tout le monde s'en prend gentiment plein la poire, sans distinction de genre, race, classe sociale, ou marque de portable.
Le show est bon, de son introduction, chantée, à son final (que je ne vous spoilerais pas, mais qui rend l'artiste encore plus sympathique, si c'est possible : je fais ici référence aux saladiers où on nous demande de laisser nos emails... Un seul conseil : faites confiance !).

Si on ajoute à cela non pas une, mais deux excellentes premières parties (dont on a envie de voir plus, indubitablement), on obtient une soirée au top.


Pour qui ?
-De l'ado au quinqua !
-Les cacahuètophiles.















Les caprices de Marianne


De qui ?

d'après Alfred de Musset.
Mise en scène de Patrick Alluin et Simon Coutret.

                                                                                                                                                            

De quoi ça parle ?
Un type est amoureux d'une femme mariée. Il demande à son meilleur pote, épicurien notoire et volage, d'aller négocier avec la belle pour lui. Mais Marianne, fidèle à son époux, ne se laisse pas tenter comme ça. Jusqu'à ce qu'elle jette son dévolu sur le messager lui-même.


Et alors ?
Mûe par l'appréciation des précédentes pièces de Patrick Alluin, ces "Caprices" étaient notés de longue date dans mon agenda !

Dans une mise en scène résolument moderne, on assiste donc à cet hybride de théâtre classique et contemporain : le texte original de Musset est conservé, quand les protagonistes s'ancrent dans notre réalité. Et ça fonctionne.
C'est surtout l'empreinte humoristique qui dépoussière l'ensemble, l'allège, et le rythme. Avec une surprise supplémentaire, la part belle laissée à la musique, avec de sympathiques intermèdes chantés par l'un ou l'autre des personnages.

Le décor, grande boîte magique rotative, se transforme en quelques secondes, nous transportant d'un lieu à un autre, avec un sens du détail assez bluffant.

Quant au fond, les rôles sont défendus par une troupe dynamique : Natacha Krief, en Marianne, y brille tout particulièrement, radieuse et convaincante à chaque apparition, nous livrant une belle farouche et féministe.
Des répliques à (re)découvrir d'urgence.


Pour qui ?
-Les festivaliers d'Avignon : bonne nouvelle, la compagnie présentera cette pièce en juillet !
-Les amateurs de Théâtre Classique pas si classique.














Love Circus


De qui ?

Agnés Boury et Stéphane Laporte.  
                                                                                                                                                            



De quoi ça parle ?
Garance et Rose dirigent le théâtre des Folies Bergère, avec chaque soir sur scène une revue musicale sur l'amour. Ironique, quand on sait que les deux jeunes femmes se sont jurées de ne jamais tomber amoureuse, la faute à une malédiction familiale. Le retour de leur sœur Violette après des années de séparation leur ouvrira les yeux...


Et alors ?
Spectacle chaudement recommandé depuis des années : il me tardait de le découvrir.

Dès le lever de rideau : woah !
Le décor, une impressionnante structure de bois et de poutres métalliques, vous plonge immédiatement dans le domaine du cirque. Une flopée d'acrobates viennent y donner vie, bondissant, virevoltant, tournoyant à vous flanquer le vertige. Les chanteurs les rejoignent, posant l'ambiance musicale : à la manière de "Moulin rouge", la troupe reprend des succès français et internationaux, qui s'intègrent dans l'histoire, pour des tableaux spectaculaires.
Quatre danseuses, toutes plus belles les unes que les autres, viennent parfaire l'ensemble.

Certes, l'intrigue prend des directions attendues, avec cependant une mise en scène astucieuse et des personnages au charme indiscutable (mention particulière à Ombre, écrit brillamment et interprété par le remarquable Vincent Heden).

Il y a dans "Love Circus" quelque chose de fédérateur qui plaira au plus grand nombre, mais également un souci du détail et une harmonie générale pour séduire les plus difficiles !
Il est rare de voir un tel équilibre sur scène, tant chez les danseurs, chanteurs, acrobates, que dans la création lumière, audiovisuelle, ou encore les costumes.

A titre personnel, j'ai préféré la première partie, que j'ai trouvé plus rythmée, mais c'était quoi qu'il en soit une excellente soirée, que je recommande tout aussi chaudement à mon tour !



Pour qui ?
-Les fans d'art du cirque, qui se régaleront des exploits accomplis sur scène.
-Les afficionados de musicals, pour cet immanquable performance.













Aaaaah !


De qui ?



Laurent Tardieu.
                                                                                                                                                        



De quoi ça parle ?
Héléna se rend dans la maison de sa tante, récemment décédée, pour procéder à la mise en vente de la demeure. Elle se fait accompagnée par ses deux meilleurs potes, parce qu'il faut l'avouer, cette maison abandonnée à l'orée d'un cimetière n'est pas vraiment rassurante...

Et alors ?
Il y a eu pour moi, deux parties bien distinctes dans cette pièce : l'humour d'un côté, l'épouvante de l'autre. Je ne veux pas dire que ces deux parties jamais ne s'entrecroisent, c'est même fréquemment le cas, en revanche, c'est un peu comme si le spectacle avait deux niveaux de lecture.

J'ai vu une heure de comédie, que je qualifierais d'aléatoire : un jeu inégal et un texte qui mériterait plus de finesse... Il y a, par ci par là, des répliques croustillantes, mais on se perd la majorité du temps dans des phrases rabâchées, des blagues trop décortiquées, et surtout une gestuelle très excessive, inutilement.

C'est dommage, car en dehors de ça, l'histoire est sympathique et on se laisse prendre par le suspens, à la recherche du secret de la tante décédée.
La partie "horreur", par conséquent, fonctionne très bien : des ressorts simples mais efficaces, des effets spéciaux qui font monter la sauce, des petits détails dans le décor qui changent comme par magie. Une véritable atmosphère s'instaure dans le public, qui chuchote dans le noir et a littéralement peur d'avoir peur !

En somme, je suis donc un peu restée sur ma faim.


Pour qui ?
-En famille : les plus jeunes spectateurs ce soir-là (8/10 ans) n'ont pas boudé leur plaisir !












Odah et Dako


De qui ?

Odah et Dako.
                                                                                                                                                        



De quoi ça parle ?
Un mix entre show d'improvisation musicale et stand-up, par un duo déjanté.

Et alors ?
J'ai vu le spectacle de Marc-Antoine Le Bret il y a quelques semaines, et le meilleur moment en fut sans conteste, la première partie, avec la découverte de ces deux énergumènes que sont Odah et Dako.

Une salle comble (dans les deux sens du terme, ceux qui connaissent la charmante petite cave du Studio Marie Bell comprendront), une ambiance ultra-conviviale, une soirée réussie !

Le duo propose quelques sketches sympathiques, mais leur vraie puissance réside dans l'improvisation. Le spectacle d'une heure trente est donc majoritairement musical, pour notre plus grand bonheur, et pour moi, ce sont vraiment ces séquences qui donnent le rythme et survoltent le public, en demande d'intéractivité.

Le sens de la rime autant que de la répartie, ces deux compères vannent à tout va, gentiment leur public, et moins gentiment, l'un l'autre, notamment dans deux "battles" irrésistibles. On sent les heures de travail, et la complicité des deux garçons.

A voir (et revoir) sans hésitation.



Pour qui ?
-Entre potes : le top pour une sortie de groupe !










Pulsions




De qui ?

de Kyan Khojandi.

                                                                                                                                                        



De quoi ça parle ?
Quand le "mec de Bref" décide de l'être moins et de prendre une heure trente pour nous parler de ses pulsions, de sa vie, mais surtout d'optimisme.

Et alors ?

Après une première partie atypique mais agréable, livrée par son co-auteur Navo, Kyan Khojandi entre en scène et il n'a plus grand-chose à voir avec son personnage de série. C'est monsieur-tout-le-monde dans toute sa splendeur, en baskets et t-shirt blanc.

Pendant les quinze premières minutes, j'écoute, je regarde, je souris. La magie se fait peu à peu, l'univers qu'il défend prend sa place.
Et puis ça y est : je n'ai pas en face de moi un humoriste qui cherche à me tirer des rires coûte que coûte, en racontant une situation saugrenue, mais un pote qui me prend à témoin devant ses bourdes, ses écueils, ses malheurs. Alors, aucun doute, on rit, on se marre même franchement, à se taper sur les cuisses, mais le pote en question nous donne aussi à cogiter et à sortir les mouchoirs.

Il y a autant de philosophie dans cette heure et demie que dans toute une année en classe de terminale. Mais en encore mieux. On a envie d'un peu plus de cette vision du monde, de cette sincérité, de cette humilité.

Les cinq dernières minutes, cadeau visuel, ravira les fans comme les non fans (comprendre ici, ceux qui ne l'étaient pas avant !) : il en résulte la standing ovation la plus spontanée qu'il m'ait été donné de voir. Qui plus est, si méritée...


Pour qui ?
-Entre amis, ou en couple, pour les fans comme pour ceux qui n'ont jamais vu un épisode de "Bref".