Avignon 2019 - Les 1001 Nuits (Théâtre Arto)

De qui ?
la Compagnie Tabasco.

De quoi ça parle ?
Shéhérazade vous plonge dans la magie du Conte des Coeurs Jumeaux, dans la lointaine contrée d'Egypte.

Et alors ?
Un spectacle familial plein de douceur et de poésie.

Cette fable ancestrale, narrée par trois comédiens pluridisciplinaires, alterne les personnages, et les effets visuels et musicaux, avec un rythme captivant.

Des marionnettes et des costumes du plus bel effet créent, tout en simplicité, un univers magique, où les vizirs, les Djinns et la destinée s'entremêlent.

On sera forcément embarqué et séduit par la proposition de ce conte d'autrefois, durant une heure qui passe sans temps mort. A voir en famille, de 7 à 77 ans.


Adri1

De qui ?
Alex Goude et Adri1.




De quoi ça parle ?
Adri1, talent découvert dans The Voice, nous dévoile son premier seul en scène musical et interactif !

Et alors ?

Un concept rigolo et novateur est la clé de ce spectacle.
Dès l'entrée en salle, le spectateur est invité à ne PAS éteindre son smartphone, mais au contraire, à télécharger une application qui lui servira de "télécommande" pour le déroulement du show.

Le petit plus : on vous fournit même une power bank !

C'est parti pour découvrir l'univers d'Adri1, fait de kitsch, de chansons, de costumes, de jeux, de voix de personnage et de parodies.
Le côté ludique de l'application créé une atmosphère très particulière où le public s'unit pour casser le quatrième mur, entrant rapidement dans le jeu des interactions avec l'artiste.

Une ambiance bonne franquette donc, un décor efficace avec un écran géant, impératif au suivi de l'application, et une multitude de petits accessoires, font oublier le côté décousu du spectacle.
Car il faut bien l'avouer, on perd facilement le rythme : on le reprend cependant sans peine, impatient de connaître la prochaine proposition du meneur de jeu.

C'est donc surtout un moment de partage, où venir entre amis ou en famille.

Enfin, on ne peut pas évoquer ce spectacle sans mentionner la voix toute singulière de ce chanteur, particulièrement touchant quand elle s'envole dans les aigus.


Pour qui ?

- En famille, y compris avec les plus jeunes !
- Un enterrement de vie de jeune fille, ou un groupe d'amis en quête d'un divertissement sympa et fédérateur

Ménopause

De qui ?
Alex Goude.



De quoi ça parle ?
4 femmes "d'âge mûr" que tout oppose, se retrouvent un jour coincées au rayon lingerie d'un grand magasin. Mais derrière leurs différences nombreuses, un point commun : la méno... enfin, le changement, quoi.

Et alors ?

Une thématique originale, un traitement qui ne l'est pas moins.

Entre deux rayons, et deux chansons, ces quatre femmes racontent leurs déboires sentimentaux, professionnels, intimes.

Car c'est une comédie presque musicale qui se joue là, avec de nombreuses parodies de chansons connues, interprétées haut la main par un quatuor de choc : Christine Khandjian, la jardinière hippie... Marianne Viguès, la Maman de famille nombreuse... Marion Posta, l'actrice sur le retour... Dominique Magloire, la business woman accomplie.

Les chansons sont véritablement ce qui habille le spectacle de swing, de légèreté, avec des harmonies impeccables entre ces quatre voix.


Les dialogues, du coup, passent au second plan, car un peu clichés. On y reconnaît la touche "Alex Goude", qui truffe de jeux de mots les échanges entre ces dames, jusque dans la voix off, celle du responsable du magasin.

L'univers du centre commercial en soldes, temple féminin par excellence, s'instaure sur un décor pratique et astucieux, où le jeu de lumières soigné permet le brin de kitsch nécessaire à cet ensemble qui ne manque pas d'énergie.

Une pièce estivale comme on les aime !


Pour qui ?

- Votre Maman et ses copines
- Un enterrement de vie de jeune fille

The World of Banksy

Une toute nouvelle exposition se dévoile en ce début d'été à l'Espace Lafayette-Drouot, consacrée à l'artiste BANKSY.



On ne présente plus le mystérieux Roi du Street Art, aux œuvres empreintes de messages forts, entre dérision, dénonciation et rébellion.




Au cœur de la Galerie, ce sont une centaine de tableaux et fresques, pour la plupart reconstituées à l'identique et grandeur nature, que l'on découvre avec surprise. L'esprit graffiti est superbement rendu par la taille des espaces et l'atmosphère "underground" de la mise en scène.






La visite démarre d'ailleurs par un escalier qui nous plonge dans la pénombre, et les premiers tableaux se découvrent dans un jeu de lumières colorées, que l'on va suivre pour peu à peu remonter à la surface. Le chemin est tracé par des empreintes au sol, comme celles d'un animal incongru.














On ne peut rester indifférents devant les thématiques des salles : politique, capitalisme, guerre, la société est passée au crible fin et à la bombe de peinture, avec une honnêteté déroutante et un humour noir rassurant.






L'Exposition se tiendra jusqu'au 31 juillet : ne tardez pas.

Réservez par ici

Derniers baisers

De qui ?
Franck Le Hen.





De quoi ça parle ?
Anthony, acteur vedette de "Premier bisou", a accepté pour une fois de participer à une convention organisée par des fans, 25 ans après la diffusion de la série. La journée, et sa plus grande admiratrice, lui réservent de nombreuses surprises en le plongeant dans son passé.


Et alors ?

Entre nostalgie et parodie...

Antony Dupray et Magalie Madison, deux des figures emblématiques des séries AB, jouent le jeu et portent avec autodérision ce projet qui parlera à tous les "jeunes" d'une époque pas si lointaine. Le spectacle, mi fiction, mi réalité, évoque leur parcours, la gloire passée qui leur a apporté beaucoup, mais leur a collé l'étiquette d'un personnage et d'un genre qui ne les quitte pas un quart de siècle plus tard.

Sous ses airs de comédie potache et mièvre, la pièce aborde donc un passé intense et un présent pas si simple.

Les "fans", interprétés par Caroline Gaget et Matthieu Nina, reflètent le sentiment de toute une génération, avec justesse et sincérité, et une pincée de caricature et de références.

Une jolie surprise, un divertissement efficace.

Pour qui ?

- Les 80's et 90's kids
- Un enterrement de vie de jeune fille, pour la pétillante "Annette" et le charmant Anthony

Huckleberry Finn

De qui ?
Didier Bailly et Hélène Cohen, d'après Mark Twain.




De quoi ça parle ?
Le jeune Huck, élevé par sa tante, redoute le jour où son père reviendra le chercher. Tant et si bien, qu'il finit par prendre la décision de fuir. Le même jour, l'esclave Jim prend la même décision, voulant gagner sa liberté et racheter sa femme et sa fille. Les deux protagonistes vont être réunis par le destin et le fleuve du Mississippi.


Et alors ?
Une adaptation délicate, celle d'une oeuvre adressée à la jeunesse mais dont les thématiques et rebondissements sont sombres, abordant sans détour l'alcoolisme, la violence, l'esclavage.

Le spectacle prend le parti de suivre les deux axes, celui, léger, de l'enfant espiègle aux multiples aventures, juxtaposé à celui qui plonge le personnage dans de véritables interrogations (le bien et le mal, le racisme) ou terreurs (la mort par noyade ou fusillade, l'ombre de son père qui pourrait le chercher et le tuer).
On passe de l'un à l'autre, tantôt amusé par les remarques de Huck, ou la belle amitié qui l'unit à Jim, tantôt ému lorsque nos personnages traversent de douloureuses épreuves.

La mise en scène, dans cette salle intimiste, allie de jolis effets de marionnettes, un décor à cachette, et un jeu de lumières efficace.

Enfin, la distribution est l'élément le plus puissant de la pièce, chacun incarnant avec justesse son personnage et ses chansons : Alain Payen en narrateur, Joël O'Cangha en Jim, et Morgan L'Hostis dans le rôle du jeune Huck.

Pour qui ?


- En famille (avisée)
- Les fans de Twain, que cette adaptation fidèle réjouira

Kean

De qui ?
Alexandre Dumas, mise en scène d'Alain Sachs.



De quoi ça parle ?
Dans le Londres de 1830, on ne parle que de l'acteur Edmond Kean, grandiose tous les soirs dans les chefs d'oeuvre de Shakespeare. D'ailleurs, les nobles femmes se pâment dans leurs loges, mais est-ce pour le comédien ou pour l'homme ? Iraient-elles jusqu'à se déshonorer pour lui plaire ?


Et alors ?
Une fort belle adaptation, enjouée, classique sans être désuète.

Dans un décor modulable et des costumes sophistiqués absolument superbes, les comédiens nous entraînent dans le temps, dans une Angleterre aux mœurs différentes, notamment en ce qui concerne l'honneur, le devoir, et surtout la position des femmes.

Justine Thibaudat (nommée aux Molières en révélation féminine pour ce rôle) incarne avec grâce Anna Damby, fausse ingénue, véritablement ingénieuse, éprise du théâtre autant que de Kean.
Elle s'impose comme moderne et émancipée face à sa rivale, la Comtesse de Koefeld, que les manières précieuses et la superficialité ancrent une ère dépassée.

C'est aussi une ode à l'acteur, à sa responsabilité d'artiste et à la facette cachée de sa vie d'homme, alors qu'on découvre en Kean un être désabusé et ivre, endetté, coureur de jupons, victime du "star système" du 19ème siècle.
Dumas s'inspira d'ailleurs de faits réels, le véritable Edmond Kean étant à l'époque la coqueluche européenne des planches, tout autant qu'un alcoolique notoire vivant au dessus de ses moyens.


La force de cette pièce est d'aborder cet aspect historique et ces thématiques avec un ton léger, souvent amusé, et avec beaucoup de rythme.

Deux heures divertissantes qu'on ne voit pas passer.


Pour qui ?

- Les amateurs de fiction historique
- Les fans de classiques revisités